Le blog de Gabriel

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dimanche, janvier 15 2012

Zombieland

zombieland

Bienvenue à Zombieland réalisé par Ruben Fleischer, 2009

Avec Woody Harrelson, Jesse Eisenberg, Emma Stone et Abigail Breslin

Pour tout savoir sur le film, la fiche de Wikipédia est bien faite : http://fr.wikipedia.org/wiki/Zombiland Attention : le résumé résume vraiment tout, y compris le combat final.

Mon avis :

Evidemment, c’est un film de pur divertissement dans lequel il n’y a aucune, ou si peu, de recherche de réalisme : Wichita est toujours impeccablement maquillée, personne n’est jamais sale, toutes les installations sont toujours en place et en fonctionnement[1], comme si on s’était contenté de remplacer les humains par des zombies.

Le seul petit élément réaliste qui m’a beaucoup plus était la cause de la zombification : la contamination alimentaire, l’intoxication.
Ce que je trouve très intéressant, à travers les histoires de zombies modernes, est qu’elles remettent l’humain à sa place : il ne peu rien contre la puissance de la nature (la contamination est souvent comparée à la Peste, il y a toujours une peur de la maladie telle que le H5N1 qui est mise en scène) ou à force de jouer avec la nature, celle-ci se retourne contre les hommes (virus de la fureur dans 28 jours et 28 semaines plus tard).
La particularité des films précités est que les zombies ne sont pas des morts-vivants, mais des contaminés. Et ils courent. Le zombie mort-vivant, qui marche voir boitille, est l’outil de critique sociale de Romero. Ici, on se contente de décaniller.

On peut réfléchir un peu sur l’humain, en regardant ce film : les surnoms qu’ils se donnent pour éviter tout attachement, l’attachement qui naît malgré tout, la découverte de l’autre et de ce dont il est capable (le meilleur et le pire). Mais il s’agit surtout d’un teenage-movie, où il est question de séduire une fille – Wichita – et de survivre.
Je n’ai pas vraiment apprécié la scène où, parce qu’il n’y a plus de loi, de force de l’ordre, de prison et de juge, les protagonistes se croient obligés de tout saccager dans un magasin de souvenir indien. Attitude que l’on retrouve souvent dans les films américains, avec la destruction de tous les symboles de culture (dans Transformers –je sais plus combien- tout y passe : bibliothèque, école, musée, et même les pyramides).

L’ensemble reste tout de même bon enfant et fort sympathique, même si certaines réaction sont absurde : la mort de Bill Murray, la quête de Tallahassee du dernier Twinky du monde, le fait de mettre une fête foraine toute en lumière et en musique alors que le monde est peuplé de zombies qui vont évidemment être attirés par le son et lumière.

En plus de passer un moment sympathique, j’ai ai aussi retenu les « règles de survie » :
1.Cardio : le zombie court, il s’agit d’être plus résistant que lui.
2.La double dose : si tu n’es pas sûr, tape encore.
3.Se méfier des salles de bains / toilettes : on y est vulnérable.
4.Attacher sa ceinture.
5.Vérifier le siège arrière.
6.Voyager léger.
7.Ne pas jouer les héros / Jouer au héros.
8.Etre efficace (c’est aussi un précepte de Musashi)
Les numéros ne correspondent pas forcément à l’ordre des règles dans le film…
J’ai trouvé l’idée intéressante et la mise en image ludique et amusante. C’est sans doute l’effet le plus réussit du film.

En bref, c’est un film de zombies amusant, pour un pur moment de détente neuronale.

Notes

[1] contrairement à 28 jours ou 28 semaines plus tard qui lui pousse jusqu’au bout le réalisme de la décadence civilisationnelle et humaine

samedi, octobre 15 2011

Dante Joe - Vote ou crève (Homecoming)

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Vote ou crève (Homecoming) réalisé par Joe DANTE

Un long court-métrage avec des zombies, avec Jon Tenney et Robert Picardo

58 minutes, 2005, sortie en DVD en 2006, produit par Universal Picture Video, collection « Masters of horror »

le pitch :

A l'approche des élections présidentielles américaines, des soldats morts en Irak reviennent à la vie...

Mon avis :

(Note, le pitch du quatrième de DVD est pourri et contraire à ce que raconte réellement cette histoire)

Maintenant, je demande une « ola » générale pour Vote ou crève (Homecoming).

Clairement, le film en lui même pique un peu les yeux. C'est de la bonne série B[1] des familles : si le budget effet spéciaux n'a pas dû être trop vilain (quoique), le scénario n'est pas très soigné pour une adaptation de nouvelle, la musique est cheap, même si les acteurs sont bons dans leurs rôles caricaturaux (est-ce du premier ou du second degrés ? Je me pose encore la question...)

Pourquoi donc faut-il voir ce film ? Parce que je vous l'assure, il FAUT voir ce film. Et c'est une personne qui fait des cauchemars pendant trois semaines après le moindre film de zombies qui vous le dit.

Ce film a un contenu extraordinaire, prenant le contre-pied de l'usage traditionnel du zombie[2] tout en lui redonnant un sens politique évident, sans pour autant en faire « les masses prolétariennes de consommateurs abruties de télévision et de pop corn ». C'est à la fois beaucoup plus capilo-tracté que chez Romero (le sens est clairement affiché) et plus subtil (le zombie est un citoyen conscient de ses droits et devoirs).
Dans ce film, les soldats américains morts en Irak reviennent sous forme de zombies, non pas pour « maaaaaaaaangeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeerrrr ceeeeeeeeeeeeeeervooooooo ! » mais pour voter ! Parce que nous sommes évidemment en plein campagne de (ré)élection présidentielle américaine.
Les zombies sont moches mais inoffensifs, en ce sens qu'ils n'attaquent pas les vivants : ils re-meurent simplement après avoir mis leur bulletin dans l'urne. Le bon peuple zombie veut faire entendre sa voix, alors que généralement, les zombies sont les méchants moutons soumis, incapables de réflexion.
Il faut y voir évidemment une critique de l'administration et des élections de Georges W. Bush Jr., jamais nommé, mais omniprésent (dès la plaque minéralogique de la première scène), ainsi que du conflit en Irak. La critique est directe, ouverte et assez percutante.

Bref, le contenu n'est pas délivré de façon très subtile, mais ça fonctionne et j'ai apprécié cette mise en scène d'une critique politique, tant sur le fond que sur la forme.

Vote ou crève (Homecoming) aurait fait 30 minutes de plus, il serait passé dans la cours des longs métrages. Cette demi-heure aurait pu être composée d'une attaque monstrueuse de zombies, combattant pour leurs droits, dévorant les vivants, laissant toute la place possible à une surenchère dans le gore et l'atroce. Joe Dante s'est abstenu et c'est tant mieux : on garde de ce film la substantifique moelle et un grand enthousiasme. Il n'y a ici aucune scène qui se roule dans une complaisance de l'indicible et de l'insoutenable. Non, madame !

Regardez ce film, crénom !

Notes

[1] Ce qui n'est pas forcément péjoratif. Voir ce qu'on en dit sur Wikipédia

[2] généralement, l'enfer est plein (fantastique religieux) ou une vilaine épidémie « change » les gens (catastrophisme apocalyptique)