Le blog de Gabriel

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samedi, avril 20 2013

BUSCAGLIA Leo - Apprendre à vivre et à aimer

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Apprendre à vivre et à aimer, de BUSCAGLIA Léo

Editions du Jour (1 juillet 1983)

ISBN : 978-2890441118 ; 250 pages

4e de couv :

Tout est mouvement. Tout est changement. Chaque fois que nous apprenons quelque chose de nouveau, nous devenons quelque chose de nouveau. Apprendre, c'est la plus grande aventure au monde. Apprendre, c'est devenir, « Il y a des milliers de choses à lire, à voir, à faire, à toucher, à ressentir. Et chacune d'entre elles fait de vous un être humain différent. »

Leo Buscaglia, professeur et conférencier, dont les idées ont séduit de, millions d'Américains, nous livre sa pensée, empreinte d'espoir, de sagesse et de sérénité. La vie, l'amour, l'enfance, l'éducation, le respect de soi sont quelques-unes des avenues qu'il nous amène à explorer en nous invitant à retrouver l'essentiel, à devenir pleinement humain.

Chacun de nous est un être unique, magique, qu'il nous faut réapprendre à aimer pour mieux aimer les autres. « Célébrez votre humanité. Célébrez votre folie. Célébrez vos incompétences. Célébrez votre solitude. Mais d'abord célébrez-vous vous-même. Je ne veux être rien d'autre que ce que je suis, c'est-à-dire un être humain. »

Mon avis :

Voici un livre très intéressant pouvant apporter des clés de développement personnel, des éclaircissements, voir des illuminations.
Je commencerais par les aspects qui m’ont le moins plu ; cela permet de bien finir…

Publié au début des années 1980, ce livre est plein de l’enthousiasme de ces années-là, après le temps de la découverte de la liberté et de son expérimentation. On pourra éventuellement lui « reprocher » un côté Flower Power, car tout est fantastique, les gens, les étudiants, les livres qui sont cités. Felice[1] Leonardo Buscaglia doit soit voir le monde à travers des lunettes roses, soit avoir la chance incroyable de voir le meilleur qui est en chaque chose et surtout en chacun.

Le côté « recueil de conférence » a un petit côté répétitif : on retrouve les mêmes idées, les mêmes exemples. Cela peut rendre un effet un peu lourd, certes, mais cela prouve que la pensée est cohérente et si après cela vous ne savez pas qu’il faut vous aimer vous-même, plus personne ne peut rien pour vous.

Le discours, quant à lui, est vraiment enthousiasmant.
Pour en résumer rapidement l’idée principale, la thèse de Buscaglia est qu’aimer est d’abord s’offrir aux autres. Pour cela, il faut évidemment avoir quelque chose à offrir, et le travail de chaque être humain est de devenir le meilleur « soi » possible et de s’aimer soi-même. La vie est donc un long travail d’enrichissement de soi, enrichissement intellectuel, spirituel, affectif, que l’on peut ensuite offrir aux autres.
Il est aussi question de l’attention portée aux autres. Leo Buscaglia donne en (contre) exemple ces parents qui à force de vouloir garantir les meilleurs conditions de vie matérielles à leur enfant en oublie de passer du temps avec eux, de les regarder, de les câliner, de les écouter, de leur offrir du temps et de l’attention. Je crois que beaucoup seront ceux qui se diront « mais moi, je n’ai pas eu tout ça, et j’ai pu en souffrir dans ma vie d’enfant et / ou ma vie d’adulte ». L’important n’est pas de se morfondre sur ce qu’on aurait pu avoir, mais de travailler à ce que l’on peut avoir à offrir à un(e) amoureux(euse), à ses enfants, à ses parents, à ses amis, aux autres en général. Buscaglia encourage surtout chacun à l’action. On en peut revenir sur ce qui a été fait ou vécu, mais chacun peut agir.

« Il n’est pas nécessaire de rester là à pleurer parce que quelqu’un vous a fait du mal dans le passé ou parce que vous avez appris l’amour de travers ou parce que vous crevez de solitude. » p 72-73

J’ai beaucoup apprécié l’idée de l’apprentissage permanent, avec l’anecdote de Papa Buscaglia qui demandait chaque soir à son fils (et à ses autres enfants) : « alors, Felice, qu’as-tu appris aujourd’hui ? ». Apprendre tous les jours quelque chose de nouveau est une forme d’enrichissement personnel, une culture de la curiosité, le développement d’un goût pour la découverte du monde. C’est aussi alimenter une envie et une capacité de l’échange et du don permanent. Et cela montre aussi l’intérêt d’un parent pour son enfant, une façon de dire « montre-moi qui tu es ».

Ce genre de livre a un effet très dynamisant. On se sent plein d’amour lorsqu’on le lit. Il ne reste plus qu’à entretenir la flamme avec constance.
J’ai trouvé qu’il y avait là des pistes intéressantes pour mieux vivre avec soi-même et avec les autres.

Note

[1] oui, s’appeler Felice et écrire sur le bonheur et l’amour, je pense que c’est d’une logique implacable

lundi, février 18 2013

PERRY John - La procrastination

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La procrastination, l’art de reporter au lendemain, de PERRY John

Editions Autrement

ISBN : 978-2746733411 ; 138 pages

4e de couv :

« Autant m’y mettre tout de suite (ou allez… dès demain) ! »

Le philosophe américain John Perry est professeur émérite à l’université de Stanford en Californie. Etant de son propre aveu un procrastinateur invétéré, il a créé le concept révolutionnaire de « procrastination structurée ».
Traduit dans une vingtaine de langues, cet ouvrage lui vaut aujourd’hui une reconnaissance internationale.

L’indispensable table des matières :

  • Le paradoxe du procrastinateur
  • Procrastination, oui, mais structurée
  • Procrastination et perfectionnisme
  • Les listes de choses à faire
  • Du rythme
  • Le procrastinateur et l’ordinateur
  • Pour une organisation horizontale
  • Travail d’équipe
  • Bénéfices secondaires
  • Le procrastinateur est-il forcément un boulet ?
  • Philosophie de la procrastination
  • En guise de conclusions, méditations métaphysiques et morales
  • Pour en finir avec la procrastination : à lire à vos risques et périls

Mon avis :

Cet essai m’a été conseillé par mon ami Antoine, qui a décelé en moi cette tendance formidable à la procrastination… structurée. Je me permettrai de lui dire un grand merci, tellement il m’a semblé que ce livre avait été écrit uniquement pour moi.
Ce qui est rassurant (surtout pour l’égo) est que les procrastinateurs sont des bourreaux de travail. Ou du moins, ils en ont la réputation.
Tout vient d’une hiérarchisation très particulière des tâches à réaliser, entre ce qui est pénible et ce qui est encore plus pénible, l’urgent et l’encore plus urgent, le sérieux avec engagement et le très sérieux avec beaucoup d’engagement. Cet ouvrage apprend tout de même comment arriver à se tendre des pièges à soi-même pour avancer un peu plus rapidement et plus efficacement que d’habitude.

Il n’aura pas échappé au lecteur attentif que la procrastination structurée requiert une bonne dose de mauvaise foi, puisqu’elle repose sur une constante arnaque pyramidale contre soi-même. Il s’agit d’éviter les tâches à l’importance exagérée et aux délais irréalistes, en se persuadant qu’elles sont véritablement décisives et urgentes.

J’ai trouvé très intéressant aussi de constater que d’autres procrastinateurs étaient victimes de la peur de l’échec et de leur volonté farouche de perfectionnisme. Sachant que c’est ce qui me bloque dans un certain nombre de projets personnels[1] [2], je trouve rassurant de ne pas être seul, mais aussi de devoir diminuer quelque peu ses ambitions, ne pas prétendre à la perfection (le mieux est l’ennemi du bien) et faire les choses pour soi.

Une des grandes trouvailles de cet ouvrage est tout de même l’usage de la ‘‘to-do list’’, dont je fais déjà un usage surabondant, tant dans ma vie professionnelle que personnelle.

Une ‘‘to-do list’’ donne au procrastinateur le plaisir de biffer les tâches à mesure qu’il les accomplit. Le simple fait de rayer un élément de la liste procure un délicieux sentiment de satisfaction.

Voilà qui est bien vrai : quel plaisir que de voir que les choses avancent, de constater le travail accompli, et quelle hérésie ce serait d’effacer les tâches accomplies : c’est tellement gratifiant et motivant.
Ce système trouve cependant ses limites (rubrique « j’ai testé pour vous ») : j’ai souvenir d’une liste des 65 choses à faire pour achever les travaux dans un certain appartement. Tout est à présent presque coché. Presque. Il reste 6 ou 7 cases à cocher. Qui stagnent depuis au moins 2 mois. Parce que voilà : l’essentiel a déjà été fait, et les tâches à réaliser sont noyées dans tout ce qui est maintenant achevé.
Donc, il ne reste plus qu’à faire une nouvelle ‘‘to-do list’’…

John Perry donne aussi cet excellent conseil qui est de s’inventer des tâches. Ainsi, pour éviter de glandouiller dans son lit le matin, inscrire dans les tâches du matin : se lever, aller aux toilettes, ne pas se recoucher, faire du café, c’est déjà 4 tâches d’accomplies ! Un bon stimulant pour continuer sur sa lancée !

Le grand piège est l’usage de l’ordinateur, et pire du pire : Internet. Surtout lorsqu’on en a besoin pour travailler. Internet et source de toutes les perditions : comment perdre son temps à regarder des bêtises et apprendre le PIB du Népal (ce qui n’est pas idiot, mais peu utile au quotidien).
Ma nouvelle ‘‘to-do list’’ est alors : ne regarder qu’un seul épisode de Dexter, allumer Internet sur la page du CNRTL, ouvrir un onglet Wikipédia, ne pas ouvrir d’autre onglet, tu as déjà regardé un épisode de Dexter, ne pas regarder d’autres épisodes d’autres séries quelle qu’elles soient.
J’espère que je vais réussir à me leurrer ainsi.

Les procrastinateurs structurés sont d’un naturel plus humble, ils se sentent coupables à l’idée de gêner les autres.

J’avais très peur d’avoir à subir un style très américain, légèrement affligeant, du bon copain qui vous donne plein de bon conseil pour bien vivre au quotidien. Si le style « bon copain » est effectivement présent, l’ensemble est tout de même bien écrit, stimulant, léger dans la forme, intelligent sur le fond, et l’ouvrage a réussi à me faire éclater de rire une fois (au moins).

Le dernier chapitre m’a semblé être du remplissage, mais ce n’est pas bien grave[3].

Il faut simplement espérer que la mise en pratique de ces petites astuces pour se leurrer soi-même porte ses fruits.
Mais en ayant écrit cette note, j'ai tout de même pu cocher une case...

Notes

[1] au hasard : une histoire de zombies

[2] J’en connais quand même qui seraient étonnés de savoir que ma vaisselle faite et mon linge bien étendu et repassé cache une peur de mal faire…

[3] En revanche, je trouve l’ouvrage un peu cher.

samedi, août 20 2011

Millêtre Béatrice - Petit guide à l'usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués

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Petit guide à l'usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués de Béatrice MILLETRE

Payot (2007)

ISBN : 978-2228902199 ; 189 pages

4e de couv :

Vous avez le vague sentiment que quelque chose ne va pas, mais vous ne savez pas ce qui vous gêne. Parfois vous pensez que vous pouvez tout faire, mais vous ne faites rien. Souvent, vous n'avez pas avis sur les choses. Vous avez besoin des autres, mais vous aimez être seul. Vous avez l'impression de vous dispersez sans arrêt dans votre travail. Bref, quand vous vous regardez dans la glace, vous ne vous trouvez pas très doué. Et vous avez tort. Car, en réalité, vous êtes créatifs, vous avez beaucoup d'intuition, vous êtes capable de faire plusieurs choses à la fois, vous raisonnez plus vite et souvent mieux que les autres, vous êtes efficace. Il vous suffit d'être motivé sur un sujet donné et vous déplacez des montagnes. Oui, vous avez un gros potentiel ! Ce livre va vous le montrer, vous expliquer ce qui ne va pas chez vous, comment vous fonctionnez, et, surtout, tout ce qu'il faut faire pour libérer ce potentiel.

Béatrice Millêtre, docteur en psychologie, spécialiste en sciences cognitives, est psychothérapeute.

Mon avis :

J'ai un sentiment mitigé sur cet ouvrage. J'ai apprécié son côté « easy reading »[1], torché en 2 heures, mais où l'on apprend quand même des bricoles ; j'ai eu cependant l'impression d'avoir été victime d'une arnaque (à 15€, c'est plus cher que le ciné).

J'avais joué à un jeu : est-ce que je me reconnais dans ce que je lis (après tout, c'est pour cela que je l'avais acheté...) et est-ce que je reconnais mon super pote du travail avec qui je m'entends si bien[2] qui ne manquera pas, lui aussi, de se considérer comme un Amadéus incompris du monde (le pauvre...). J'ai réalisé que je ne connaissais pas assez bien mon grand copain pour parler à sa place...

L’objectif de ce livre est fort sympathique : tous le monde ne fonctionne pas de la même façon, mais la société est faite pour le plus grand nombre, soit pour les gens qui ont une pensée analytique, séquentielle. Pour les personnes qui ont une pensée globale et intuitive, cet ouvrage propose tout d’abord de comprendre son propre fonctionnement, de l’accepter, puis d’en tirer le meilleur parti, et surtout d’apprendre à s’adapter au monde de la majorité (sans pour autant renier sa nature).
Cet objectif est atteint, avec conseils et quelques mises en situation. On ne réinvente pas l’eau chaude, les conseils donnés sont essentiellement axés sur un renfort de communication : dire ce que l’on fait, les étapes accomplies, ce qu’il reste à faire.

Ceci dit, la définition des 15 à 30% de la population qui ont une approche « hémisphère droit », soit les compréhension instinctives, englobantes et la pensée en toile, en réseau, doit pouvoir correspondre à … à peu prêt tout le monde, en faisant un effort : beaucoup d'intuition, forte capacité de raisonnement, lecteur régulier[3], hypersensible, ouvert d'esprit, multitâche, attention et concentration proportionnelle à l'intérêt, humour caustique, grand sens moral, multitude de projet en cour.
J'ai eu parfois l'impression de lire ma description[4], d'autre fois non. Exemple, et c'est pourtant une caractéristique essentielle des gens « hémisphère droit » : personne ne m'a jamais reproché un manque de structure, de près ou de loin. Je suis la structure incarnée, je structure même ce que les autres n'arrivent pas à structurer (et c'est mon job) (et c'est sans doute justement grâce à une vision globale et en réseau que j'arrive à le faire). Faire un plan en 2 x 2 ou 3 x 3 n'a jamais été un problème : c'est une technique à connaître, un exercice (un peu idiot) à réaliser. Généralement, je commence à m’ennuyer une fois le plan fini.

Y'a du pour et y'a du contre. Aucune solution miracle pour arriver à me mettre à réaliser mes projets (je procrastine sur mes zombies depuis plusieurs années, tout de même) à part le conseil de l'inénarrable Brian Molko : « sors-toi le doigt du cul et fais-le ».

Grosso modo, les conseils délivrés par ce petit ouvrage, que j'ai trouvé bien fait et intelligent mais sans aller bien loin non plus, tombent sous le sens.
Oui, il est intéressant, mais ce n'a pas non plus été la révélation du siècle.

Notes

[1]  »Petit bouquin facile » en version française

[2] Ceci est une ode au dieu Sarcasme...

[3] ça, je ne peux pas nier

[4] « gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués », c'est tout moi