Le blog de Gabriel

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lundi, octobre 15 2012

SALOMON Paule - La femme solaire

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La femme solaire de SALOMON Paule
Albin Michel (31 octobre 1991)
ISBN : 978-2226055811 ; 320 pages

4e de couv :

La Femme solaire est un ouvrage fondamental qui montre comment la femme, l'homme et le couple ont eu la possibilité d'évoluer au cours des âges et comment ils évoluent au cours d'une vie. La connaissance de cette véritable carte des comportements permet de ne pas rejouer les modèles du passé dans la souffrance et de trouver les clés d'un itinéraire. De la représentation de la Déesse-Mère à la femme battante des années 90, en passant par la femme soumise au pouvoir patriarcal, Paule Salomon nous entraîne dans une fascinante relecture de l'histoire, de la religion et des mythes. Pouvons-nous enfin entrevoir la fin de la guerre des sexes ? Pouvons-nous accélérer le changement en cours et commencer une nouvelle ère des rapports humains ? C'est le message optimiste et serein que nous livre Paule Salomon qui anime des séminaires de réflexion et de pratique sur cet éveil de la conscience.

Mon avis :

Voici un livre que ma prêté une amie, qui n'est pas tout neuf, puis que je l'avais déjà vu sur la table de nuit de ma mère, de ma sœur, de certaines de leurs amies, et qui a un programme très alléchant : « la fin de la guerre des sexes ».

De manière globale, ce livre présente une histoire des rapports hommes-femmes à travers les âges, ainsi que tous les rapports de domination qui ont pu exister entre eux. Il s'agit aussi de décortiquer précisément les comportement et postures que la société impose aux femmes. Tout ceci a pour but d'arriver à la constitution d'un couple harmonieux et égalitaire (décrit dans les trois dernières pages du livre). En somme, ce livre est remplis de bons sentiments.

Les bons sentiments, moi, ça me gonfle, surtout lorsqu'on gomme habillement une partie du problème.
Le matriarcat si brillamment décrit pour les âges anciens n'était-il pas en lui même un excès de domination des hommes, puisque ceux-ci ont ressenti le besoin d'entrer en rébellion ? Pas si paradisiaque que ça pour la moitié de l'humanité...

Ensuite, et je pense que d'autres, homme comme femme, pourront se reconnaître dans cette critique, cantonner l'homme au mentale et la femme au charnel me semble vraiment réducteur et je ne peux approuver ce genre de séparation sexiste dangereuse.

En fait, la Femme solaire est une nouvelle Ariane, de « Belle du Seigneur » d'Albert Cohen, une nouvelle Olvido, de « Le peintre de batailles » d'Arturo Pérez-Reverte : le genre de femme idéale et parfaite, rayonnante, inspiratrice, créatrice, un absolu de femme, qui, à l'image de la poupée Barbie, risque de créer beaucoup de frustrations chez les armées de femmes qui ne rentrent pas dans le moule.

Si une bibliographie est présente à la fin, elle n'est pas présentée correctement et surtout, on (enfin, moi) aurait bien voulu avoir les références en note de bas de page et pas dans un vrac final, sans séparation entre les ouvrages sur le féminisme et la condition de la femmes et les études de fouilles archéologiques, ou d'anthropologie. Mais c'est là du détail...

Je pense que cette lecture peut être révélatrice et très utile pour les femmes (comme pour les hommes, d'ailleurs), mais il aurait peut-être fallu faire un peu plus de place à ces messieurs, parce qu'on ne peut évoluer qu'ensemble. J'engage aussi chacun à garder tout leur sens critique. Je crains toujours les recettes noodle-soup du bonheur.

samedi, avril 21 2012

Olivesi Aurélie - Implicitement sexiste ?

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Implicitement sexiste ? Genre, politique et discours journalistique de Aurélie OLIVESI

Presses Universitaires du Mirail, Toulouse, 2012

ISBN : 978-2810701896 ; 314 pages

4e de couv :

L'élection présidentielle de 2007 présente une situation inédite : pour la première fois, une femme, Ségolène Royal, se trouve candidate d'un parti de gouvernement en position d'éligibilité, face à un homme, Nicolas Sarkozy, dont la posture "virile" se trouve dès lors mise en relief. Mais, alors que le genre des candidats semble occuper une place essentielle dans la construction de leur image, cette caractéristique est largement éludée dans les analyses de la campagne officielle publiées dans la presse d'information, qui se veulent au contraire égalitaires et neutralisantes. Pourquoi les journalistes de la presse de référence n'évoquent-ils pas en leur nom propre le rôle joué par le genre des candidats ? Comment interpréter cette représentation fuyante ? Cet ouvrage montre comment le discours journalistique repousse l'évocation du genre en politique à ses marges : il attribue une conception stéréotypée de l'identité féminine ou masculine des candidats à des locuteurs difficilement identifiables ("vraies gens", "opinion publique" indéfinie), tout en se présentant lui-même comme neutre. Ce désengagement énonciatif rend cette représentation figée du rôle joué par le genre en politique particulièrement difficile à circonscrire, et donc à contester ou à combattre.

Docteure en sciences de l'information et de la communication, Aurélie Olivesi est Attachée temporaire d'enseignement et de recherche à l'université Montpellier 3. Membre du LERASS (université Toulouse 3), elle travaille sur la représentation du genre et de la parole profane dans les médias.

(très) bref aperçu du sommaire :

Première partie : Ségolène Royal et les stéréotypes de genre
deuxième partie : Une neutralisation des représentations genrées ?
Troisième partie : Le genre aux marges du discours de presse

Mon avis :

Cet ouvrage est la publication d'une thèse en sciences de l'information et de la communication. Si e terme de « thèse » peut effrayer certains, le texte est tout à fait accessible tant sur le vocabulaire[1] que sur le contenu. L'auteure a gardé le côté mécanique de l'écriture de la thèse : bonnes introductions, annonces, conclusion, transition. Il reste toujours un aspect artificiel dans ce genre d'exercice, mais celui-ci a toujours l'avantage de la clarté et de ne perdre personne en route.

De quoi est-il question ? De la construction de l'image d'une personnalité politique par les média de la presse écrite. Ce choix s'explique par le fait qu'en France, la presse écrite fait encore autorité : elle est commentée aussi bien par les journaux télévisés, radiophoniques, que par les autres titres de presse écrite. Cela peut rendre un effet de glose et de glose de la glose.
On l'a aussi vu dans la campagne présidentielle actuelle, et le phénomène est assez étrange : les candidat(e)s et média construisent des images assez monolithiques, caricaturales des prétendants à la magistrature suprême, comme s'il fallait (ou si l'on pouvait) réduire une intention d'action à quelques traits.

La question est aussi, on l'aura compris, tournée autour du traitement du genre des candidats, car pour la première fois, une femme est la candidate d'un parti de gouvernement.
L'auteure nous décrypte l'image de Ségolène Royal comme étant une mise en scène de l'« image attendue » par un Monsieur-Tout-le-Monde (en gros, la mère ou la putain).

J'ai trouvé très intéressante l'étude de la neutralisation du discours par les journalistes qui pose aussi la question du sexisme inhérent au langage, ou tout du moins de la langue française, et particulièrement de cette règle selon laquelle le masculin l'emporte sur le féminin. Ce sont des modes de pensée qui sont véhiculés par la langue, et tellement bien intégrés qu'ils peuvent agir à notre insu.

Une des images que je retiens est qu'en 2007, une femme devait prouver sa compétence, alors que celle-ci est forcément acquise pour un homme. Les femmes sont évidemment acceptables dans des domaines de la « maternité étendue » (affaires sociales, santé, éducation), mais en matière de politique étrangère, d'économie et de sécurité, thème très marqué du sceau du masculin, elles ne semblent pas « dignes ». Les femmes, en France, ont obtenu le droit de vote parce qu'elles sont compétentes, et non au nom de l'égalité. Quel drame.
La critique clairement formulée ne peut cependant venir que d'une autre femme, sinon la parole serait considérée comme outrageusement sexiste. Les critiques les plus virulentes sont donc portées par d'autres femmes (quand Bourdieu disait que le pire ennemis de la femme, c'est la femme...)
Ce qui me chagrine le plus est que les mêmes schéma se retrouve dans les relations quotidiennes de travail...

J'ai trouvé aussi très appréciable le soucis de l'objectivité de l'auteure : il n'est pas ici question d'avoir un discours partisan, pour ou contre tel(le) candidat(e) (il est d'ailleurs bien trop tard pour cela), ni même de défendre la cause des femmes en brûlant son soutien-gorge. C'est une construction objective et scientifique d'une étude sur un sujet touchant à la présence du genre sur la scène politique. Franchement, on n'en attendait pas moins pour une thèse, mais j'ai apprécié ce soucis d'objectivité[2].

(Bon, je trouve quand même que « auteure », ce n'est pas beau.)

Notes

[1] le mot le plus ardu reste « lexème »

[2] J'espère avoir fait preuve ici de la même objectivité, mais l'honnêteté me porte à dire que je connais l'auteure et que je ne fais peut-être pas preuve de toute la neutralité souhaitée

dimanche, août 28 2011

Heritier Françoise - Hommes, femmes : la construction de la différence

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Hommes, femmes : la construction de la différence de Françoise HERITIER

Éditions le Pommier et universcience éditions – Collection le collège (2010)

ISBN : 978-2746505087 ; 192 pages

4e de couv :

XX, XY, comment devient-on un homme ou une femme ? Qui gouverne la construction de notre identité sexuelle ? Nos gènes ? Nos hormones ? La société ? La famille ? …Simone de Beauvoir avait-elle raison lorsqu’elle écrivait « On ne naît pas femme on le devient » ? Sauf accident, tout individu obéit aux lois de la génétique et de la physiologie qui créent dans notre espèce des mâles et des femelles. Mais au-delà, le regard de nos parents, de la société toute entière, nous façonne dans notre intimité. Et si la différence des sexes structure la pensée humaine, peut-on changer les rapports du masculin et du féminin ? Que disent désormais les sciences sociales, humaines et les sciences du vivant de cette construction ?




L'indispensable table des matières :

  • Introduction – Françoise HERITIER
  • Théorie anthropologique de l'évolution – Françoise HERITIER
  • Sexe et biologie – Pierre-Henri GOUYON
  • Le cerveau a-t-il un sexe? – Catherine VIDAL
  • A quoi jouent les petits garçons et les petites filles – Stéphanie BARBU et Gaïd LE MANER-IDRISSI
  • La génétique du déterminisme du sexe – Sylvia COPELLI et Marc FELLOUS
  • Construction de la sexualité : la sexualité des adolescents – Alain BRACONNIER
  • Le « troisième sexe » social, chez les Inunit (« transexualité », travestissement et chamanisme) – Bernard SALADIN D'ANGLURE
  • Le genre, la psychanalyse, la « nature » : reflexions à partir du transexualisme – Patricia MERCADER
  • La femme et la chasse – Alain TESTART
  • On ne naît pas homme ou femme par hasard : évolution du sex ratio – Gilles PISON
  • Construction d'un autre modèle du rapport des sexes. Peut-on le fonder sur l'absence de hiérarchie ? – Françoise HERITIER

Mon avis :

Cet ouvrage est constitué des résumés des interventions réalisées lors du séminaire « Masculin / Féminin », organisé à la Cité des Sciences et de l'Industrie, du 28 avril au 16 juin 2004.
Les différents intervenants sont anthropologues, neurologues, éthnologues, psychiatres, biologistes, démographes... afin d'offrir un regard croisé sur cette question de la construction de la différence entre féminin et masculin.

Le problème du résumé d'intervention est qu'il n'offre parfois qu'une vue un peu courte sur le sujet, ou que le texte a été tellement retravaillé que l'on commence à aborder dans la conclusion ce qui (m')aurait semblé intéressant, comme dans l'intervention de Bernard Saladin d'Anglure sur les Inuits. Fort heureusement, une courte bibliographie est présente en fin d'ouvrage, pour approfondir si on le souhaite certaines réflexions ou études.

Cet ouvrage ne m'a pas semblé révolutionnaire sur la question de la construction de la différence, mais offre tout de même quelques bons contre-arguments pour lutter contre les chantres de la « domination biologique » de la femme pour l'homme.
Le désir de contrôle de la femme semblerait être avant tout un désir de contrôle de sa progéniture (avoir des petits garçons qui ressemble à leur papa).
Les analyses des cerveaux des hommes et des femmes par IRM monteraient qu'il n'y a aucune différences entre les deux (il y aurait plus de différences entre deux hommes ou deux femmes qu'entre hommes et femmes) et que les histoires de cerveau droit ou gauche sont à nuancer grandement puisque toutes les parties de l'organe fonctionnent ensembles.
Ce qui construirait la différence entre petits garçons et petites filles seraient davantage le conditionnemment social avant 2 ou 3 ans : habiller les petits garçons de bleu et les petites filles en rose, les inciter à avoir des activités marquées « masculin » ou « féminin » dans la tête des parents et attendre d'eux certaines réactions en fonction de leur sexe. Et les enfants sont des éponges et arrivent très bien à se conformer à ce que l'on attends d'eux[1]. On se construirait donc en fonction de l'idée que la société aurait du masculin et du féminin.

Ce petit ouvrage offre donc des pistes à explorer plus que des réponses toutes faites, ce qui est sans doute bien mieux sur un tel sujet.

Notes

[1] Les ados aussi. D'expérience en centre de vacances : un directeur qui s'attends à avoir des « ados de quartier difficile » et qui se comporte comme tel induira chez les ados un comportement « difficile », en ne faisant que répondre à l'attente de l'adulte, alors que les ados en question n'étaient absolument pas « difficiles » ou « à problème ». Je l'ai vu de mes yeux... c'est incroyablement surprenant

samedi, avril 23 2011

Corbin Alain - L'avènement des loisirs

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L’avènement des loisirs, 1850 – 1960 de Alain CORBIN (dir.)

Éditions Flammarion, Champs histoire (1995)

ISBN : 978-2-0812-2302-8 ; 626 pages.

4e de couv :

Comment se sont créés les usages modernes du temps libre ? Comment le désir de voyage, la soif d'aventures et de sensations nouvelles, les divertissements de la foule, le besoin de quiétude et de découverte de soi se sont-ils combinés à l'accélération des rythmes de vie ? Telles sont les questions auxquelles entend répondre cet ouvrage conçu et coordonné par Alain Corbin, avec des contributions de Julia Csergo, Jean-Claude Farcy, Roy Porter, André Rauch, Jean-Claude Richez, Léon Strauss, Anne-Marie Thiesse, Gabriella Turnaturi et Georges Vigarello.

Alain Corbin, professeur émérite de l'université Paris-I, est l'auteur de différents ouvrages sur le XIXe siècle disponibles dans la collection Champs, notamment Les Filles de noce. Misère sexuelle et prostitution au XIXe siècle ; Le Territoire du vide. L'Occident et le désir du rivage ; Le Monde retrouvé de Louis-François Pinagot ; Le Miasme et la jonquille ; Le Village des " cannibales ".

Mon avis :

Tout d'abord, parce que c'est très important pour les recueils d'articles, voici le sommaire (qui devrait être indispensable pour toute présentation d'essais) :

  • Les Anglais et les loisirs, de Roy PORTER
  • Du loisir cultivé à la classe de loisir, d'Alain CORBIN
  • Les vacances et la nature revisitée (1830-1939), d'André RAUCH
  • Extension et mutation du loisir citadin, Paris XIXe siècle, début XXe siècle de Julia CSERGO
  • Les métamorphoses du divertissement citadin dans l’Italie unifiée (1870 – 1915), de Gabriella TURNATURI
  • Le temps du sport, de Georges VIGARELLO
  • Le destin contrasté du football, d'Alain CORBIN
  • Le temps libre au village (1830 – 1930), de Jean-Claude FARCY
  • La fatigue, le repos, la conquête du temps, d'Alain CORBIN
  • Organisation des loisirs des travailleurs et temps dérobés (1880 – 1930), de Anne-Marie THIESSE
  • Les balbutiements d’un temps pour soi, d'Alain CORBIN
  • Un temps nouveau pour les ouvriers : les congés payés (1930 – 1960), de Jean-Claude RICHIEZ et Léon STRAUSS

Bon, pour commencer par les choses qui fâchent, j'ai un soucis avec les sociologues. Les plans « Intro-générale, petite intro, thèse 1, exemples, thèse 2 exemples, conclusion première partie avec transition, petite intro 2, thèse 3, exemples, thèse 4 exemples, conclusion deuxième partie avec transition, etc. conclusion générale », me sont plus familiers. Non, je ne suis pas psychorigide, Madame ! Pour certains articles, il n'y a pas de conclusion, on vous a raconté quantité de choses édifiantes, mais manquant de structure et il est au final difficile de s'en souvenir, ce qui est fort dommage.

Personnellement aussi, je déteste quand les notes sont reléguées à la fin du livre. A mes yeux, une note de bas de page doit être en bas de page... Je sais : ce n'est pas attractif, ce n'est pas « grand public », je comprends donc ce choix éditorial, mais ça ne m'empêchera pas de continuer à râler :)

« Oisiveté, mère de tous les vices ». Il est bon, de temps en temps, de lire un ouvrage de sociologues brillants qui vont vous expliquer brillamment comment se sont construit des loisirs, comment les travailleurs ont gagné ce « temps pour soi », comment les gens fortunés l'ont occupé, comment les ouvriers ont tenté de s'occuper. Et comment l'oisiveté n'est pas un vice.

Le « temps libre », c'est ce temps du non-travail, y comprit en dehors des tâches ménagères, de l'entretien du foyer, à moins qu'une partie de cet entretien entre dans le loisir, comme peut le faire le bricolage.

J'ai apprécié le fait que les différents chercheurs aient fait la différence entre le temps de la ville et le temps de la campagne, qui est vécu différemment. Par exemple, le temps de travail à la campagne est plus important, mais plus souple, aux activités plus variées, que le temps de travail à l'usine où le rythme est donné par la machine. L'influence des loisirs citadins sur les loisirs campagnards est aussi mis en évidence.

La différentiation entre le temps des hommes et le temps des femmes est aussi importante. Pour la période étudiée, les femmes sont toujours à courir après l'une ou l'autre tâche, quand ce n'est pas le travail, c'est la cuisine, et quand tout est terminé, on a toujours une paire de chaussette à tricoter. Ma grand-mère me disait toujours : « la libération de la femme, ce n'est pas le droit de vote, c'est le réfrigérateur ! » Bref.

Il est aussi question, en filigrane, de contrôle du temps par les « classes dominantes ». Je mets entre guillemets, parce que cette expression me semble terriblement datée, comme « classe sociale », « bourgeois » et autre vocabulaire de « lutte des classes » ; il faudrait d'autres mots pour les phénomènes que nous connaissons actuellement, qui ne sont pas moins délicats, me semble-t-il. Tout ceci est largement un autre débat. Il est évidemment question du « que va-t-on donner à faire à ces gens qui ne sont pas au travail », comme si forcément, les gens allaient sombrer dans les pires vices si on les laisse à eux-mêmes.

Évidemment, les articles sur les croisières et les riches loisirs des lords anglais vous donneront envie de rouler sur l'or pour profiter de la vie, du temps, de l'espace, et d'avoir la capacité de réaliser ses envie. Le chapitres sur les jardins ouvriers vous donneront aussi envie de cultiver fleurs et topinambours, de retrouver le contact de la nature, du cycle des saisons. Il est plus facile de retenir le contenu des articles avec quelques éléments d'identifications, pour un ouvrage « grand public ».

Un ouvrage indispensable pour qui veut connaître l'histoire du temps libre.