
La femme solaire de SALOMON Paule
Albin Michel (31 octobre 1991)
ISBN : 978-2226055811 ; 320 pages
4e de couv :
La Femme solaire est un ouvrage fondamental qui montre comment la femme, l'homme et le couple ont eu la possibilité d'évoluer au cours des âges et comment ils évoluent au cours d'une vie. La connaissance de cette véritable carte des comportements permet de ne pas rejouer les modèles du passé dans la souffrance et de trouver les clés d'un itinéraire. De la représentation de la Déesse-Mère à la femme battante des années 90, en passant par la femme soumise au pouvoir patriarcal, Paule Salomon nous entraîne dans une fascinante relecture de l'histoire, de la religion et des mythes. Pouvons-nous enfin entrevoir la fin de la guerre des sexes ? Pouvons-nous accélérer le changement en cours et commencer une nouvelle ère des rapports humains ? C'est le message optimiste et serein que nous livre Paule Salomon qui anime des séminaires de réflexion et de pratique sur cet éveil de la conscience.
Mon avis :
Voici un livre que ma prêté une amie, qui n'est pas tout neuf, puis que je l'avais déjà vu sur la table de nuit de ma mère, de ma sœur, de certaines de leurs amies, et qui a un programme très alléchant : « la fin de la guerre des sexes ».
De manière globale, ce livre présente une histoire des rapports hommes-femmes à travers les âges, ainsi que tous les rapports de domination qui ont pu exister entre eux. Il s'agit aussi de décortiquer précisément les comportement et postures que la société impose aux femmes. Tout ceci a pour but d'arriver à la constitution d'un couple harmonieux et égalitaire (décrit dans les trois dernières pages du livre). En somme, ce livre est remplis de bons sentiments.
Les bons sentiments, moi, ça me gonfle, surtout lorsqu'on gomme habillement une partie du problème.
Le matriarcat si brillamment décrit pour les âges anciens n'était-il pas en lui même un excès de domination des hommes, puisque ceux-ci ont ressenti le besoin d'entrer en rébellion ? Pas si paradisiaque que ça pour la moitié de l'humanité...
Ensuite, et je pense que d'autres, homme comme femme, pourront se reconnaître dans cette critique, cantonner l'homme au mentale et la femme au charnel me semble vraiment réducteur et je ne peux approuver ce genre de séparation sexiste dangereuse.
En fait, la Femme solaire est une nouvelle Ariane, de « Belle du Seigneur » d'Albert Cohen, une nouvelle Olvido, de « Le peintre de batailles » d'Arturo Pérez-Reverte : le genre de femme idéale et parfaite, rayonnante, inspiratrice, créatrice, un absolu de femme, qui, à l'image de la poupée Barbie, risque de créer beaucoup de frustrations chez les armées de femmes qui ne rentrent pas dans le moule.
Si une bibliographie est présente à la fin, elle n'est pas présentée correctement et surtout, on (enfin, moi) aurait bien voulu avoir les références en note de bas de page et pas dans un vrac final, sans séparation entre les ouvrages sur le féminisme et la condition de la femmes et les études de fouilles archéologiques, ou d'anthropologie. Mais c'est là du détail...
Je pense que cette lecture peut être révélatrice et très utile pour les femmes (comme pour les hommes, d'ailleurs), mais il aurait peut-être fallu faire un peu plus de place à ces messieurs, parce qu'on ne peut évoluer qu'ensemble. J'engage aussi chacun à garder tout leur sens critique. Je crains toujours les recettes noodle-soup du bonheur.



