
La destruction de Dresde : la nuit du châtiment pour l'Allemagne nazie, 250 000 civils massacrés par les bombardiers anglo-américains de IRVING David
Éditions Art et histoire d'Europe (1987),
ISBN : 978-2906026070 ; 297 pages
Présentation :
Cet ouvrage est la publication de la thèse de David Irving (ce monsieur est anglais) sur le bombardement de Dresde, ville allemande, dans la nuit du 13 au 14 février 1945.
L'ouvrage n'est plus disponible que d'occasion ou certainement dans votre bibliothèque préférée.
Mon avis :
Toutes mes confuses, je n'ai pas mon exemplaire sous la main pour en extirper la 4e de couverture.
J'ignore parfaitement si la thèse de David Irving a été bien accueillie par la communauté scientifique historique. Je sais simplement que je l'ai retrouvé un certain nombre de fois en référence dans des article. Le fait est aussi que l'ouvrage a connu plusieurs rééditions entre 1965 environs et 1986, mais visiblement, pas depuis.
L'ouvrage est limpide, et les faits m'ont paru bien analysés, avec de fréquentes citations, mais un manque de note de bas de page (ce qui est typique de ce genre d'ouvrage, quelque soit l'auteur et l'éditeur : pour plus d'informations, nous n'avons qu'à lire la thèse complète...).
La froideur du style et de l'analyse est assez frappante : l'auteur n'est pas dans l'émotion, mais dans la recherche des faits historiques, sans porter de jugement, si ce n'est sur « les régimes totalitaires de notre siècle n'ont pas eut l'exclusivité de l'horreur (...) » (p10).
Dresde, en 1945, est la Florence de l’Elbe, ville d'art et de culture. Dans cette ville manquant cruellement de défenses anti-aérienne, ne croyant pas à une attaque, la guerre semblant si loin sur le plan territorial mais aussi dans les esprits. Dresde servait de plus de refuge à des populations fuyant leurs habitations détruites et l'avancée des Russes. 250 000 personnes ont trouvé la mort, lors ou des suites au bombardement de la nuit du 13 au 14 février 1945.
Des civils.
David Irving a réussit a dépassionner le débat en présentant froidement les faits : comment les bombardements précédents, dont celui de Rotterdam, ont permis à la RAF de perfectionner son art de massacrer son prochain (l'interprétation est de moi), décrivant les équipements militaires, tonnage des bombes, évaluation des capacités de destruction, techniques d'attaque (on fait d'abord exploser toits et fenêtres pour ensuite pouvoir mettre le feu à tout ça), mais aussi techniques de défense, dont les couloirs d'eau.
La statégie Alliée (anglaise) est de même expliqué : le but était de détruire le système militaire, industriel et économique de l'Allemagne, tout en sapant le moral de la population, de manière à anihiler toute velléité de resistence aux avancées des armées Alliées. Pourtant, personne ne semblait alors croire à une attaque de Dresde, qui était plus ou moins présentie comme capitale de l'Allemagne d'après guerre. La destruction de sites militaires ou industriels serait presque compréhensible, mais c'est le coeur de la ville qui a été touché, une zone sans industrie, sans camps militaires, et surpeuplée de civil.
Deux vagues d'avions de la Royal Air Force ont bombardé Dresde avec force bombes incendiaires, les bombardiers américains finissant le travail, participant ainsi à la politique de terreur sur les populations civiles.
250 000 morts reste un « record » qui dépasse Hiroshima et Nagazaki réunies, ces dernières ayant tout de même le record du plus grand nombre de mort par seconde. Le cynisme de ce type de remarque n'échappera à personne, je l'espère.
La partie qui m'a le plus intéressée a été la description du bombardement et ses conséquences, les lendemains. Cet intérêt était motivé non pas par un esprit morbide, mais par une recherche documentaire pour de futurs travaux littéraire (une bonne documentation évite d'écrire des absurdités).
David Irving use pour ces parties du même style sec et froid. Il y a pourtant des descriptions purement analytiques qui sont à vous retourner le coeur, depuis les enfants en costumes de carnavals aux corps pulvérisés dans la gare de Dresde, jusqu'aux jeunes filles qui ont dû sortir leurs amies des caves où elles s'étaient réfugiées et où elles sont mortes asphyxiées. Quelques exemples parmis d'autres. Le récit des conséquences du bombardement de Rotterdam est aussi particulièrement précis.
Hors de toutes considérations de recherche documentaires, j'ai trouvé ce livre édifiant, ayant réussi à traiter d'un sujet très délicat et sensible sans verser dans l'affect, le larmoyement ou l'auto-flagellation qui ferait perdre en force le travail entrepris. Cette description systématique de l'horreur de la guerre est un remède à toute velléité belliciste.