19 juil. 2011
Couleurs de littérature
Une fois n'est pas coutume, j'étais encore en train de m'énerver par écran interposé avec un ami[1], sur messagerie instantanée, quand une vieille question est revenue sur le tapis : qu'est-ce que la littérature blanche, et celle d'autre couleur.
Corrigez-moi si je me trompe (je n'ai toujours pas la science infuse, c'est malheureux, moi aussi je le regrette) :
Littérature blanche : romans de type réaliste, le déroulant dans le monde réel, mettant en scène des personnages et des situations plausibles[2].
Littérature grise : écrits à caractère scientifique[3], type thèse, mémoire, article, dont le but premier n'est pas commercial, mais la diffusion de la connaissance[4].
Les autres genres colorés sont de la littérature dite "de genre" :
Littérature noire : romans de type réaliste, mettant en scène des membres des forces de l'ordre ou dérivés[5], l'intrigue étant axés sur la résolution d'un mystère d'ordre criminel.
Littérature bleue : roman, souvent bon marché, de distraction populaire[6]. Les romans de littérature bleue peuvent contenir des éléments fantastiques, merveilleux, etc.
Littérature rose : roman sentimental, peut être érotique, peut aussi contenir des éléments fantastiques, merveilleux, etc.
Est-ce que j'oublie des couleurs ?
Et quelle est la couleur de la SF / fantastique, etc. ? Est-ce qu'il existe des sous-couleur arc-en-ciel pour la SF qui tend vers le thriller ou le fantastique qui contient de la romance.
Le théâtre a-t-il aussi une couleur ?
Ce type de catégorisation est très restrictif, il faut bien l'admettre, mais il peut-être nécessaire pour trouver son chemin dans la jungle foisonnante de la création littéraire (ou tout simplement écrite), même si on n'aime pas les étiquettes ou les petites boites.
Notes
[1] Quand les fées se penchent sur le berceau des enfants, ils reçoivent des dons : la beauté, l'intelligence, être doué en dessin, être grâcieux, avoir de l'humour, savoir parler aux autres, ou avoir du charisme, etc. Lui, son don, c'est d'énerver les gens. C'est pas un don facile, surtout pour l'entourage.
[2] On notera que s'il y a des clones, ou une projection dans le futur, cela devient de la SF, mais cette étiquette fait beaucoup beaucoup moins vendre. Certain font donc de la SF sans se l'avouer, comme Houellebecq, paraît-il. J'en dirait plus dès que j'aurai lu un de ses bouquins. Le rumeur veut que Werber ait interdiction de dire qu'il fait de la SF...
[3] de sciences dures ou douces
[4] Après, si en plus on peut gagner des sous...
[5] La mode est maintenant aux dérivés, il me semble. Jeannot simple flic ne fait plus rêver personne, il faut de l'Interpol (comme dans Transparence d'Ayerdhal (non, Résurgence n'existe pas, c'est une illusion d'optique)), ou les RG dans Le rasoir d'Ockham de Loevenbruck) Comment ça, je ne cite que des transfuges de la SF ?
[6] On mettra ici les Lévy et autres Musso. Je suis en train de lire un Musso. C'est lent et douloureux.

Commentaires
À mon humble avis, ces catégories sont largement dépassées. Autant la grise a encore parfaitement du sens, autant les distinctions entre les types de littérature de fiction n'en a plus vraiment, d'autant plus que les genres se mélangent de plus en plus.
J'aurais tendance à y voir un vieil élitisme pour une certaine littérature, qui a pu peut-être dans le passé regarder de haut des genres qui avaient un public spécialisé et restreint. Les ventes phénoménales d'ouvrages de SF&F comme Harry Potter, Twilight ou A Song of Ice and Fire ont depuis largement mis à bas cet état des lieux…
La littérature dite blanche est certes souvent considérée comme la littérature par excellence, le genre "noble".
Je pense en revanche que tu confonds le contenu, symbolisé par la couleur, et le type de public auxquels les différents romans sont destinés. A te lire, j'ai l'impression que tu craches sur ces salauds d'intellectuels qui ne savent pas apprécier un bon Best Seller, calibré pour vendre. Il faut que la littérature de divertissement existe et il en faut pour tous les goûts (je rapelle que j'ai apprécié "le baiser du démon"). Ce petit jeu de couleur n'a, à mon sens pour but que de permettre de mieux trouver ce qui convient à chaque lecteur.
Et tu m'excuseras, mais Twilight, c'est avant tout de la littérature rose :P Succès énorme, certes, mais je pense que cela aura autant d'impact à terme sur l'histoire de la littérature que les romans de Paul-Loup Sulitzer.
On mélange tous les genres ? Je trouve ça super. Mais quel casse tête pour les libraires :)
Ironie du sort, ce matin, j'ai commencé à lire "Mainstream, enquête sur la guerre globale de la culture et des médias" de Frédéric Martel.