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L'incandescent de Michel SERRE

Le Livre de Poche (2005) Collection Littérature & Documents

ISBN : 978-2253112709 ; 410 pages

4e de couv :

Alors que l'homme apparut voici sept millions d'années, le vivant voici quatre milliards et l'Univers treize, nos " humanités " peuvent-elles se restreindre à une histoire de quelques millénaires à peine ? Ce temps façonna nos corps, nos affects et nos intelligences. Raconté par les sciences contemporaines, prises ensemble, son Grand Récit enseigne que les hommes, la connaissance et la philosophie doivent plus à la nature qu'à leurs civilisations respectives, récentes. Ce livre a l'immense ambition de promouvoir une culture en harmonie avec nos savoirs. L'humanisme accède ainsi à l'universel. Dans cette méditation philosophique bouleversante, Michel Serres réconcilie l'homme et la nature. Le portrait qu'il brosse de ce nouveau sujet, nous, l'Incandescent, aussi riche de promesses que la lumière blanche l'est de couleurs, l'entraîne à découvrir une nouvelle métaphysique et à proposer des solutions au problème du mal.

Mon avis :

Bon, il fallait arrêter là les dégâts. J'ai fait l'effort de finir le Musso, maintenant, j'ai aussi le droit de ne pas me punir avec mes lectures.
Je clame donc haut et fort que non, je n'ai pas réussit à finir cet essai de Michel Serre. J'ai dit « Stop », je n'en puis plus, je veux lire des écrits qui me plaisent.

Et au départ, cette lecture était issue d'une envie. C'est le problème des « to read pile » : les envies d'un moment ne correspondent plus forcément à l'état d'esprit nouveau du moment de lecture. Parfois, le moment est passé et il ne faut plus revenir dessus.

Je n'ai trouvé aucun discours construit dans cet ouvrages, mais juste une succession de pensées teintée de philosophie, s'imbriquant assez difficilement, s'articulant d'une manière assez peu accessible pour mes pauvres neurones. Il y a sans doute un sujet, mais je suis incapable de dire lequel. Au bout d'un temps, mes yeux parcourent les lignes et mon cerveau ne comprend plus. J'ai buggué. Il faut me rebooter.

Mon autre problème est que je n'ai pas du tout accroché sur le style. J'ai trouvé ça pompeux, très « regardez comme je peux faire pleuvoir des références montrant l'ampleur de ma culture classique ! ». Aucun des concepts utilisé n'est clairement défini (ou alors, je ne l'ai pas vu) et les expressions comme « le Grand Récit » sont boursouflées au possible. L'envolé lyrique chez Michel Serre n'a pas non plus la force philosophique d'un écrit de Nietzsche…

L'histoire de la mémoire et de la montagne fut un moment pénible : comment peut-on dire que la montagne a une mémoire ? La mémoire est une capacité de rappel du passé propre au vivant doué de conscience, qu'elle réponde à un stimuli ou qu'elle soit sollicitée. Un caillou n'a pas de conscience ; il peut porter la marque du passé, mais il n'a pas de mémoire. Ce fut très énervant... mais peut-être que, sous le coup de l'émotion, je ne vois que ce que je veux bien voir.

J'ai noté cependant des idées très intéressantes sur l'appartenance et l'identité. Peut-être que je le reprendrais un jour, plus tard. Peut-être.

Bref, c'est sans doute très bien, mais ça ne m'a pas plu. L'histoire s'arrête pour moi p 243. Et c'est sans doute fort dommage pour moi.