16 nov. 2011
Germain Sylvie - Immensités

Immensités de GERMAIN Sylvie
Éditions Gallimard (1999), Folio (1995)
ISBN : 978- 2070393602 ; 255 pages
4e de couv :
Autour de Prokop Poupa, professeur de littérature réduit à l'état de balayeur dans les rues de Prague, évoluent quelques hommes et femmes marginalisés par la dissidence. Chacun, par dérision, imagine qu'un dieu lare vieille sur lui. L'un le situe dans sa cuisine, un autre sur le balcon, au grenier ou à la cave ; Prokop, lui, place son dieu Lare dans les cabinets qui deviennent un haut lieu de lecture, de méditation et de doutes.
Arrive la révolution. Certains de ses amis retrouvent une place, voir de l'importance, dans la nouvelles société ; pour d'autre, il est trop tard. Prokop, lui, dérive hors de ce clivage entre l'ancien et le nouveau, il erre en solitaire dans les immensités du sonde, de la folie humaine, et du silence de Dieu, jusqu'à s'échouer parfois dans des rêveries hallucinées sur la douleur de ceux qui ont été dévus du bonheur d'aimer et plus encore sur le malheur de ceux qui ont été traitres à l'amour. Toujours déambulant dans les rues de sa ville, entre le vide et l'espérance, Prokop ne sait plus rien, sinon qu'il n'est rien, et ce constat est consentement ; il « offre ce rien dans les ténèbres », au fond desquelles peut-être gît l'inespéré.
Mon avis :
J'ai un soucis avec ce roman.
Toute l'histoire, ou presque, est dans la quatrième de couverture. On ne sera donc pas surpris. S'enchevêtre quelques histoires d'amour : l'amour paternel de Prokop pour son fils ; l'amour de monsieur Rossignol pour son chien ; l'amour d'Olinka pour son Filip qui fait écho à l'amour que Prokop a pu avoir pour la mère d'Olinka.
Il n'y a pas de tourments révolutionnaires, les drames restent feutrés. On est doucement bercé par les existences qui s'enchevêtrent, même si ce n'est pas très palpitant. (En ce moment, je pense que j'ai besoin qu'on me raconte une histoire).
En revanche, il faut le dire : c'est très beau. L'écriture de Mme Germain est magnifique, délicate et poétique. On peut lire ce roman uniquement pour goûter à sa poésie.
