
Le chat du Rabbin – tome 1 La Bar-Mitsva, de SFAR Joann
Bande dessinée
Édition Dargaud – collection Poisson Pilote (2002)
ISBN : 978-2-205052077
4e de couv (site de l'éditeur):
Pendant félin de Socrate le demi-chien, le chat du Rabbin essaye de répondre à une question fondamentale : peut-on apprendre la torah à un chat, fut il doué de parole ? La réponse est une fable savoureuse, d'une intelligence rare qui réjouira les amateurs d'Orient, de jolies femmes et de métaphysique.
Mon avis :
D'aucun dirons qu'il était temps de découvrir cette série fort connue des amateurs de bande dessinée française.
Quelque part sur le pourtour méditerranéen[1], vivent un rabbin, sa fille et son chat.
Le chat vit la vie secrète des chats, écoute les secrets de sa maîtresse et dérange les papiers du rabbin, jusqu'au jour où il dévore le perroquet et se retrouve doué de parole.
Le voilà qui découvre l'art des mots et entre autres la puissance du mensonge, la force de l'humour et la tristesse de la vérité, à la grande douleur du rabbin, car
"La parole sert à dire le monde, pas à la contrefaire, Shaïtan ! "
Le rabbin entreprend de remettre son chat dans le droit chemin en lui enseignant la Torah, et le chat déclare qu'il ignore s'il est juif, et que si un chat peut être juif, il veut faire sa bar-mitsva.
Le chat joue beaucoup. Il mets en œuvre son esprit de chat, n'hésite pas à mentir, à jouer des tours, à argumenter (y compris sur les textes religieux), à mettre à l'épreuve le rabbin du rabbin, à suivre les élèves du rabbin pour découvrir la vérité sur eux, à poser des questions sur le monde et sa création, la valeur des allégories, et à faire des rêves.
L'expression est privilégiée à l'esthétique, au niveau du dessin, mais l'important est justement ces expressions embarrassées du rabbin lorsque le chat lui pose des questions dérangeantes, ou la malice et la tendresse dans les yeux du chat.
Les dialogues sont vifs, intelligents et traite en souplesse, et avec humour, des questions de théologie, ou des préoccupation plus humaines et un peu plus « crues », ce qui n'en est pas moins succulent.
Je retiendrai pour finir cette phrase, que j'ai trouvé particulièrement touchante :
Mais le rabbin dit que la main humaine est un outil trop subtil pour qu'on tape les gens ou les chats avec.
Note
[1] j'ai été fichtrement incapable de dire où, mais cela n'a sans doute pas d'importance













