Le blog de Gabriel

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Mot-clé - Détente neuronale

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14 fév. 2013

BAGIEU Pénélope - Joséphine, t3, Joséphine change de camp

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Joséphine – tome 3 Joséphine change de camps, de BAGIEU Pénélope

Bande dessinée
Edition Le Livre de Poche (2012)

ISBN : 978-2253131854

4e de couv :

Qu’on se le dise : Joséphine a un amoureux ! C’est officiel, puisque même sa nièce est au courant. Elle plane sur un petit nuage, sans se douter de ce qui l’attend : ses amis célibataires la fuient comme la peste, sa mère se montre odieuse avec son fiancé, elle doit affronter sa nouvelle belle-famille... Seule sa garde rapprochée – Cyril, Rose, son chat Bradpitt – la soutient. Surtout, Joséphine découvre que l’amour ne guérit ni des doutes (« Et s’il savait que je crois aux astres ? »), ni des complexes (« Qu’est-ce qu’il pense vraiment de mes fesses ? »). Immature, gaffeuse et drôle, saura-t-elle rester fidèle à elle-même dans cette nouvelle vie ?

Pénélope Bagieu est une illustratrice française. Elle s'est fait connaître grâce à son blog BD Ma vie est tout à fait fascinante, où elle expose avec humour des instants de sa vie quotidienne.

Mon avis :

Une charmante petite lecture pour la Saint Valentin, sauf (ou surtout ?) si vous êtes la réplique de la Joséphine du premier volume. Parce que oui, ‘‘Joséphine’’ est tout de même de la BD « pour fille » (je ne sais pas si un homme peut comprendre la véritable portée existentielle de la taille d’un postérieur ou de la possession de livres d’astrologie). « Sauf (ou surtout ?) » parce que cela fini bien. Mesdemoiselles, il y a toujours de l’espoir. Bon, Pénélope Bagieu n’étant pas adepte du scénario shakespearien qui se finirait dans le sang et les larmes, il est évident que cela ‘‘devait’’ se finir bien. Sans sombrer dans le conte de fée pour autant.

Donc, nous retrouvons Joséphine, gaffeuse, avec son postérieur disgracieux que compense tout de même son humour cinglant, avec ses complexes, ses inquiétudes, ses espoirs et sa terrible angoisse de rester célibataire. C’est une Bridget Jones frenchy, en quelque sorte, quelques situations monstrueusement embarrassantes en moins.

A la fin de l’épisode 2, Joséphine déménageait et rencontrait enfin un gentil garçon. Une partie de la relation avec Simon se déroule… entre les deux albums. Personnellement, j’adore ce genre de stratagème narratif : on a l’impression de retrouver des copains qu’on n’avait pas pu voir pendant quelques mois.

J’adore la mère de Joséphine qui est tout simplement odieuse : elle enfile comme des perles les remarques insultantes à l’endroit de Simon, jusqu’à une forme de racisme. C’est succulent : on a vraiment envie de lui en coller une… C’est tout le charme de l’art : faire naître des émotions fortes en ce qui semble être quelques coups de crayon.

Cet album est, avec les deux précédents, une promenade légère dans les abysses des sentiments humains.

26 janv. 2012

La Page Blanche - Pénélope Bagieu et Boulet

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La Page Blanche scénario de Boulet – dessins de Pénélope Bagieu

Roman graphique

Delcourt, collection Mirages (2012)

ISBN : 978-2756026725 ; 176 pages

4e de couv :

Une jeune femme reprend ses esprits sur un banc sans se rappeler ni de son nom ni de ce qu’elle fait là. Menant l’enquête tant bien que mal, elle tente de recouvrer la mémoire et de retrouver son identité. Mais que va-t-elle découvrir ? Un passé romanesque fait de drames et de romances ou l’existence banale d’une femme ordinaire ? Et dans ce cas, saura-t-elle devenir quelqu’un après avoir été quelconque ?

Mon avis :

J’apprécie beaucoup le « peps » du blog de Pénélope, sa vivacité, ses bons mots, ses références ; j’aime beaucoup le trait de Monsieur Boulet, ses réflexions de philosophie du quotidien qu’il mets admirablement en scène, avec humour et autodérision. Il faut aussi dire qu’en dehors des Notes, je connais assez peu l’œuvre de Boulet.

L’une au dessin, l’autre au scénario, je m’attendais à un récit rondement mené sur ce qui devait être une quête de soi, et je me retrouve avec du Vincent Delerm en BD. A la lecture, j’ai donc éprouvé une certaine déception, une impression de « tout ça pour ça ».

Globalement, le récit est archi-simple (comme c’est souvent le cas dans les meilleures histoires) : une jeune femme « amnésique » rente de redécouvrir qui elle est. L’histoire s’étire pourtant en longueur de façon incompréhensible. On n’avance pas, on traîne.
Personnellement, j’apprécie beaucoup les incises montrant la multiplicité des « ce que je peux trouver si j’ouvre cette porte » et autre « petit film qu’on se fait tout seuls dans sa tête ».
Le personnage de Sonia n’aide pas assez Eloïse à remettre ses choix antérieurs en cause. C’est le personnage bon enfant et un peu mollasson, super content d’avoir trouvé une nouvelle bonne copine, qui l’aide sans lui mettre le coup de pied au fesse dont Eloïse a besoin.
J’ai aussi apprécié le dédoublement de l’héroïne : son « moi » antérieur lui est devenu complètement étranger, dans ses choix, dans ses goûts ou son mode de fonctionnement. Elle est incapable de dire « je » en parlant de son moi d’avant, elle dit « elle ». La mémoire prend ici toute son importance, comme élément constitutif de la personne.
Eloïse est devenue ultra calée en math et a une capacité de déduction accrue, mais des réflexes « basics » semble lui faire défaut : aller voir un médecin, aller faire une déclaration à la police… elle ne le fait pas, sans qu’on comprenne trop pourquoi.
Si au moins Pénélope Bagieu avait le même « peps » que sur son blog au bout du crayon, elle aurait pu sauver l’ensemble. Malheureusement, on s’ennuie un peu[1].

La fin est passe-partout et trop rapide, comme s’il fallait enfin achever cette histoire qui ne raconte finalement pas grand-chose. Eloïse a découvert qu’elle était comme tout le monde, avant son amnésie ; elle a maintenant l’opportunité de tout recommencer. Super.
L’histoire s’arrête au moment où elle aurait pu vraiment commencer.
Ca me fait l’effet d’une BD gentille pour fille gentille.

Le prix de l’ouvrage est aussi étonnamment élevé.

Note

[1] Ca me mortifie d’écrire ça…

15 janv. 2012

Zombieland

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Bienvenue à Zombieland réalisé par Ruben Fleischer, 2009

Avec Woody Harrelson, Jesse Eisenberg, Emma Stone et Abigail Breslin

Pour tout savoir sur le film, la fiche de Wikipédia est bien faite : http://fr.wikipedia.org/wiki/Zombiland Attention : le résumé résume vraiment tout, y compris le combat final.

Mon avis :

Evidemment, c’est un film de pur divertissement dans lequel il n’y a aucune, ou si peu, de recherche de réalisme : Wichita est toujours impeccablement maquillée, personne n’est jamais sale, toutes les installations sont toujours en place et en fonctionnement[1], comme si on s’était contenté de remplacer les humains par des zombies.

Le seul petit élément réaliste qui m’a beaucoup plus était la cause de la zombification : la contamination alimentaire, l’intoxication.
Ce que je trouve très intéressant, à travers les histoires de zombies modernes, est qu’elles remettent l’humain à sa place : il ne peu rien contre la puissance de la nature (la contamination est souvent comparée à la Peste, il y a toujours une peur de la maladie telle que le H5N1 qui est mise en scène) ou à force de jouer avec la nature, celle-ci se retourne contre les hommes (virus de la fureur dans 28 jours et 28 semaines plus tard).
La particularité des films précités est que les zombies ne sont pas des morts-vivants, mais des contaminés. Et ils courent. Le zombie mort-vivant, qui marche voir boitille, est l’outil de critique sociale de Romero. Ici, on se contente de décaniller.

On peut réfléchir un peu sur l’humain, en regardant ce film : les surnoms qu’ils se donnent pour éviter tout attachement, l’attachement qui naît malgré tout, la découverte de l’autre et de ce dont il est capable (le meilleur et le pire). Mais il s’agit surtout d’un teenage-movie, où il est question de séduire une fille – Wichita – et de survivre.
Je n’ai pas vraiment apprécié la scène où, parce qu’il n’y a plus de loi, de force de l’ordre, de prison et de juge, les protagonistes se croient obligés de tout saccager dans un magasin de souvenir indien. Attitude que l’on retrouve souvent dans les films américains, avec la destruction de tous les symboles de culture (dans Transformers –je sais plus combien- tout y passe : bibliothèque, école, musée, et même les pyramides).

L’ensemble reste tout de même bon enfant et fort sympathique, même si certaines réaction sont absurde : la mort de Bill Murray, la quête de Tallahassee du dernier Twinky du monde, le fait de mettre une fête foraine toute en lumière et en musique alors que le monde est peuplé de zombies qui vont évidemment être attirés par le son et lumière.

En plus de passer un moment sympathique, j’ai ai aussi retenu les « règles de survie » :
1.Cardio : le zombie court, il s’agit d’être plus résistant que lui.
2.La double dose : si tu n’es pas sûr, tape encore.
3.Se méfier des salles de bains / toilettes : on y est vulnérable.
4.Attacher sa ceinture.
5.Vérifier le siège arrière.
6.Voyager léger.
7.Ne pas jouer les héros / Jouer au héros.
8.Etre efficace (c’est aussi un précepte de Musashi)
Les numéros ne correspondent pas forcément à l’ordre des règles dans le film…
J’ai trouvé l’idée intéressante et la mise en image ludique et amusante. C’est sans doute l’effet le plus réussit du film.

En bref, c’est un film de zombies amusant, pour un pur moment de détente neuronale.

Notes

[1] contrairement à 28 jours ou 28 semaines plus tard qui lui pousse jusqu’au bout le réalisme de la décadence civilisationnelle et humaine

06 déc. 2011

Pratchett Terry - Nouvelles du Disque-Monde

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Nouvelles du Disque-Monde de Terry PRATCHETT

L'Atalante (2011) – La dentelle du cygne

ISBN : 978-2841725595 ; 128 pages

4e de couv :

"Les nouvelles me coûtent sang et eau. J'envie ceux qui les écrivent avec facilité, du moins ce qui ressemble à de la facilité. Je serais étonné d'en avoir écrit plus de quinze dans ma vie". Voici le premier livre réunissant l'ensemble des nouvelles de Terry Pratchett qui appartiennent au corpus du Disque-monde. On y retrouve avec jubilation les mages de l'Université de l'Invisible, la Mort, les sommités d'Ankh-Morpork, les sorcières de Lancre, le Guet et même Cohen le Barbare.

Mon avis :

Pour ceux qui regrettent comme moi de ne as voir leur Pratchett de novembre à se mettre sous la dent (parce que l'édition par l'Atalante d'un recueil en un seul volume de trois aventures de la Mort, c'est une pure arnaque quand on connait l'inénarrable qualité de la colle de leur imprimeur... deux lectures et les pages se font la malle) voici un petit recueil de six nouvelles qui vous feront retrouver les héros du Disque-Monde, des magiciens de l'Université Invisible d'Ankh-Morpork, aux Sorcières, en passant par la Mort, le Capitaine Carotte, un soupçon de Vétérini, et Cohen le Barbare.

Pour ceux qui ne connaîtrait pas (encore) le Disque-Monde, je ne saurais que les engager à prendre quelques informations des plus intéressantes sur un des piliers de la culture des geeks.

Terry Pratchett est un rare (voir le seul) auteur de fantasy qui trouve grâce à mes yeux. Sans doute parce que la fantasy est un genre qui ne m'attire pas[1], et parce que cette fantasy-là (burlesque, donc) ne se prends pas au sérieux : elle caricature ses principes et ses mécanismes pour rendre des effets du plus haut comique[2] [3]. Le plus drôle est encore la critique de notre société, pris dans le miroir déformant qu'est le Disque-Monde. C'est sans doute pour cela que j'aime autant cet univers.

Les nouvelles sont :

  1. 1.Rejet par l'université de procédés diaboliques.
  2. 2.La Mort et tout ce qui s'ensuit
  3. 3.Minutes de la réunion en vue de concrétiser le projet de fédération de scouts d'Ankh-Morpork
  4. 4.La mer et les petits poissons
  5. 5.Le théâtre de la cruauté
  6. 6.Drame de troll

Si on retrouve les héros les plus fameux du Disque-Monde, j'ai trouvé le recueil assez inégal. Pratchett doit avoir besoin d'un peu d'espace pour déployer son talent. J'ai trouvé très agréable la lecture de deux nouvelles : La mer et les petits poissons[4] et Drame de troll.
J'ai un coup de cœur particulier pour La Mort et tout ce qui s'ensuit, pour la mise en scène d'une célèbre histoire de chat. Minutes de la réunion en vue de concrétiser le projet de fédération de scouts d'Ankh-Morpork est essentiellement remarquable pour la transcription magistrale des évènements d'une réunion absurde en terme administratif, tout en laissant tous les effets comique (c'est le genre, et c'est très drôle).

En attendant, je crois que je vais relire Au guet ! parce que ce fut un peu trop court. Je n'ai pas eut ma ration.

Notes

[1] quand je veux lire du médiéval fantastique, franchement, un bon vieux Chrétien de Troye fait parfaitement l'affaire

[2] à en éclater de rire en faisant la queue à la caisse de votre librairie préférée

[3] c'est pour ça que lorsque j'achète un roman de Pratchett, généralement, je choisi la plus longue queue à la caisse : j'ai envie d'en profiter tout de suite

[4] En tant que fan des sorcières et particulièrement de Mémé Ciredutemps, je manque cruellement d'objectivité

09 nov. 2011

Gally - Mon gras et moi

parce que j'aime bien le grand-écran dans mes lectures...

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Mon gras et moi de Gally

Éditions Pocket – Bande dessinée

ISBN : 978-2266200516 ; 90 pages

4e de couv :

Elle est grosse, très grosse, et entretient depuis toujours des rapports existentiels avec son gras. Elle croque avec un humour à double tranchant sa lutte contre ses bourrelets, les orgies de barres diététiques, et le regard d'autrui. Source de bien-être zygomatique, cette BD couvre 100% des apports journaliers recommandés en matière drôle... Histoire de ne pas laisser le lecteur sur sa faim !

Mon avis :

Je comptais offrir cette bande dessinée à une amie très chère qui est très complexée par son poids. Il me semblait que mettre une pincée de rire et d’autodérision, sans aider à faire perdre le moindre gramme, aiderait à mieux s’accepter.
Je vais garder pour moi cet ouvrage[1] et laisser mon amie tranquille. Non pas que la bande dessinée de Gally m’ait déplu, qu’elle ne soit pas drôle, ou pire, qu’elle serait mal dessinée, mais elle ne corresponds pas du tout à la problématique de mon amie. Je lui prêterai, éventuellement, à l’occasion. Mon amie a une volonté de fer, or le personnage-Gally non. Pas du tout.

Le personnage-Gally se met au régime, mais dévalise une boulangerie 30 minutes après avoir pris sa grande décision. Classique. Quantité de jeunes filles et jeunes femmes peuvent se reconnaître là-dedans.

Ce que j’ai trouvé intéressant est que tout d’abord, cette bande dessinée n’est pas culpabilisante. Elle nous fait partager le désarroi de la personne « ronde » qui voudrait changer, mais qui est confrontée à sa volonté, à ses problèmes personnels (parce que non, le poids n’est pas qu’une question de volonté, sinon, ma copine serait une sylphide).

On fait ensuite à peu prêt le tour de la question, entre le problème esthétique personnel, les problèmes de santé qui peuvent se poser, mais aussi on fait le tour complet sur le regard des autres, sur les petits commentaires, sur le poids du regard social, sur la difficulté de ne pas « être comme tout le monde ». Gally arrive en plus à créer une connivence entre son personnage et le lecteur qui aide à modifier son regard.
J’ai aussi beaucoup apprécié la planche sur le point de vue du copain du personnage-Gally, qui lui… s’en fout. Il aime, c’est tout. Avec ou sans les kilos. Parce qu’il y a des entourages, et des « rond(e)s » qui s’en foutent. Ils vivent, et si ça ne plait pas aux autres, c’est pareil.

J’ai aussi une mention spéciale à décerner au succulent passage sur les filles de 45 kg tout mouillé qui se plaignent auprès de leur amie ronde, parce qu’elles ont pris 600 gr et on mis au moins deux jours pour les perdre. Cette fois, par empathie, on se retrouve dans la peau de la demoiselle ronde… et cela remet les pendules à l’heure.

J’aime pour ma part le trait de Gally, rond et souple, drôle, piquant, pertinent.

C’est une lecture à la fois détendante et très touchante.

Notes

[1] d’où l’utilité d’acheter un exemplaire pour soi avant d’acheter un second exemplaire à offrir…

26 oct. 2011

Paasilinna Arto - La douce empoisonneuse

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La douce empoisonneuse de Arto PAASILINNA

Traduit du finnois par Anne Colin du Terrail

Gallimard / folio (13 mars 2003)

ISBN : 978- 2070425778 ; 254 pages

4e de couv :

Une maisonnette rouge flanquée d'un petit sauna en bois gris, non loin d'Helsinki. Linnea, la douce veuve du colonel Ravaska, mène une existence paisible à soigner ses violettes et son chat. Pourtant, chaque mois, le jour où elle touche sa pension, un trio maudit, conduit par son neveu, s'invite sous son toit pour la détrousser. Lorsque ses visiteurs ne se contente plus de sa maigre retraite et exigent un testament à leur avantage, c'en est trop. Elle est résolue à en finir. Comprenez : à se suicider. Mais, surprise, concocter un poison mortel se révèle une activité beaucoup plus passionnante que tricoter. Et les noirs desseins de Linnea, puis une suite précipitée d'évènements cocasses, se retournent en sa faveur, tandis que ses ennemis... Génie du comique de situation, Paasilinna récidive avec une vieille dame tranquille candidate au suicide. Arsenic et vieilles dentelles trempé dans l'aquavit, les rocambolesques aventures de la colonelle sont l'occasion de revisiter l'univers à a fois brut, drôle et loufoque du grand écrivain finlandais.

Mon avis :

Il est amusant de voir comme on peut se lasser même des bonnes choses.

Les situations sont cocasses, on sourit, mais l'ensemble manque un peu de souffle, par rapport au Cantique de l'apocalypse joyeuse ou à La foret des renards pendus (avec le renard nommé cinq-cent-balles).

Linnea n'est pas vraiment suicidaire ; sa décoction n'est pas tout à fait machiavélique. Elle est très loin de la sorcière revisitée à laquelle on pourrait s'attendre, un brin calculatrice avec un soupçon de méchanceté. Notre super grand-mère a essentiellement de la chance. Elle n'est pas non plus très sympathique. C'est une gentille dame un peu hautaine, très consciente de son rang, qui se souvient avec plaisir de soirées mondaines passées avec des officiers allemands pendant la dernière guerre, puis des visites de courtoisie en Amérique du Sud. C'est un humour assez particulier, certes, mes le personnage de Linnea est tellement confit de candeur et de gentillesse, qu'elle ne semble jamais prendre de distance avec son vécu et se rendre compte de la réalité des choses. Parfois, elle effleure la bêtise. A peine, pas longtemps.

J'avais craint un retour au thème « la nature, c'est le bien ; la ville, c'est le mal ; allons tous courir nus dans les bois », mais ce roman est très urbain, ce qui n'est pas désagréable. Les thématiques changent, tout en ayant toujours des

Le roman est distrayant, mets les neurones au repos tout en étant agréable et instructif, mais j'ai l'impression qu'il sera „vite lu – vite oublié“.

14 août 2011

Musso Guillaume - Et après...

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Et après… de Guillaume MUSSO

Pocket (2005)

ISBN : 978-2266145978 ; 356 pages de douleur

4e de couv :

A huit ans, Nathan est entré dans le tunnel lumineux de la « mort imminente ». Plongeant dans un lac pour aider une fillette, l'enfant s'est noyé. Arrêt cardiaque, mort clinique. Et puis, contre toute attente, de nouveau, la vie. Vingt ans plus tard, Nathan est devenu l'un des plus brillants avocats de New York. Il a tout oublié de cet épisode traumatisant. Il a même fini par épouser la « petite fille du lac », Mallory, qui l'a quitté, et qui lui manque comme au premier jour... Mais Nathan ignore que ceux qui reviennent de l'autre côté ne sont plus tout à fait les mêmes. Aujourd'hui, il connaît la réussite, la notoriété et la prospérité ; Il est temps pour lui de découvrir pourquoi il est revenu.

« Ce roman est dangereux. Une fois ouvert vous ne pourrez plus le quitter avant la dernière page. » Bernard Lehut – RTL

« Guillaume Musso manie l'art du suspense avec l'efficacité de ces maître du thriller américain. » Anne Berthod – L'Express

Mon avis :

Je dois avoir mis un mois pour lire ce machin, et c'est avec un immense soulagement que je viens de le finir.
Quand j'ai relevé le défi de littérature, je ne pensais pas que ce serait une telle souffrance. Autant le livre de Marc Lévy a été torché en une après-midi, autant celui de Musso a été pour moi une longue et lente torture dont j'ai cru ne jamais voir la fin.

Mais je sais maintenant pourquoi je ne lirais plus jamais de Musso et j'ai à présent des arguments pour parler de ce genre de littérature.

Les deux petits commentaires de la quatrième de couverture ont été acheté aux journalistes. Ce roman est soporifique, cousu de fil blanc, sans aucun suspens, l'intrigue est délayé pour atteindre le quota de pages (350 en version poches), remplis de détails inutile : l'histoire de la serveuse Candice, la vie de ce cher Nathan avec sa chère fille Bonnie, l'histoire de son fils Sean victime de la mort subite du nourrisson (ce qui n'apporte RIEN au roman, mais fera peut-être couler les larmes des jeunes ou moins jeunes filles), entre autre... des pages et des pages de banalités qui n'apportent rien à l'intrigue, ne rendent pas les personnages attachant mais m'ont juste donné envie de leur coller des claques.

Au départ, je m'étais dit que c'était au moins bien ficelé, tellement la construction était mécanique : le prologue qui donne le ton, avec le sauvetage par Nathan, le petit garçon pauvre, de Mallory, la petite fille riche ; on lance l’histoire avec la présentation du personnage, sa profession ; l'intrigue arrive avec le personnage de Garret ; moment de doute ; flash back expliquant « qui est le vrai Nathan » « d'où vient ce brillant avocat » ; et ainsi de suite...

La réalité, c'est qu'on s'en fout. Le personnage principale est un peu un salaud d’arriviste, donc, on a vraiment du mal à s’attacher. Et même si tout cela s'explique par différents traumatismes de son enfance, Nathan m'est resté profondément antipathique. Sa gué-guerre sociale, parce qu'il est né pauvre, et qu'il veut être accepté par les riches, est cliché et mal menée (quelqu'un d'un peu plus futé n'aurait pas décidé d'aller s'écraser contre un mur comme il le fait).

Garret arrive pour lui parler des Messagers, sensés aider à accompagner les gens dans l'au-delà, ou plus exactement à mettre leurs affaires au clair avant le grand saut. On sent déjà qu'il y a un truc pas net, avant que Nathan se visualise déjà six pieds sous terre.

Alors, évidemment Nathan va réussir à reconquérir sa femme, parce que c'est évident dès la première page (en fait, dès la quatrième de couverture). Mais Garret ne s'enquiquinerait pas à raconter l'histoire des Messagers à Nathan si c'était lui qui allait mourir.

Quitte à écrire un roman sur rien, on peut au moins le faire dans un style flamboyant. Mais non, c'est simpliste, plein de cliché, sans souffle, sans intérêt. Et, bon sang, mais que c'est long !

Ce roman de Musso a tout à fait sa place dans le catalogue de France Loisirs.
Ce roman est à la littérature ce que le téléfilm de l’après-midi sur TF1-M6 est au cinéma, ce qu'une Lada est à la voiture de luxe, ce que le Babybel est au fromage...

C’est de l’entertainment, pour les gens qui ne veulent ni réfléchir, ni se prendre la tête, et qui au moins, pendant ce temps-là, ne regardent pas de la télé-réalité. Bon, pourquoi pas. C’est très populaire, accessible à tous, les quelques références sont expliquées en bas de page (comme chez Lévy, tiens…). On enfile les clichés télévisuels comme des perles (le grand-père qui est surnommé « Clint », histoire de ne pas se fader la description de Monsieur Eastwood, c'est juste grand[1], ah oui, et Mallory ressemble à Nocole Kidman... et voilà, emballé, c'est pesé ! ), mais ça évite les descriptions trop prenantes et ça fait adhérer les gens.
Maintenant, entendre « L’appel de l’Ange, le dernier chef d’œuvre de Guillaume Musso », sur Radio Classique, ça me hérisse vraiment les poils.
Quitte à se détendre les neurones, pourtant, il existe de la littérature de détente un peu plus intelligente. Rien que Anna Gavalda, pour commencer : c'est frai, c'est léger, plein de bons sentiments, mais c'est bien fait et surtout très bien écrit ; Arto Paasilinna, dont j’ai déjà parlé ici, vous offrira de la détente exotique ; et je crois que Catherine Pancol (que je n’ai pas lu) fait aussi dans le « léger, mais certainement pas débilitant ».

Mais dans son roman, Guillaume Musso...

... enchaîne les cliché comme on enfile des perles : l'avocat de New York, sa femme un peu baba cool mais issue d'une grande famille riche de Boston, le jogging dans Central Park, le SUV, l'amour perdu,

… fait semblant d'avoir de la culture :
Chaque chapitre est introduit par une citation d'un grand auteur... Nietsche, Sénèque, Shakespeare, Ovide ou Marilyne Monroe, mais aussi les Rolling Stones et les films de James Cameron, bref, il y a un peu de tout, et certaines fleurent bon le dictionnaire de citation.

… a une méconnaissance cruelle de l'économie :
Nathan travaille dans la fusion acquisition... « il avait gagné de l'argent par son travail. En défendant des individus et des sociétés et en faisant respecter les lois. » Quand on lit ça, on sait que non, Musso n'est pas Nobel d'économie et ne semble pas savoir ce que sont les « fusions acquisitions ».

… est incohérent :
Dans la première scène, même si la rive est abrupte, le fait qu'il y a une rive devrait permettre à Mallory de sortir de l'eau. L'auteur a sans doute confondu avec un ponton sur lequel elle n'a pu se hisser. Si j'ai bien compris, à la fin, Nathan va quand même aller en taule et se laisse marcher dessus par un maître chanteur...

… verse dans la mièvrerie :
Les adresses au facteur « cours cours, gentil facteur, porter cette lettre à l'homme que j'aime... », c'est gentiment mièvre quand on a 8 ans, c'est pathétique quand on en a 20.

… décris des attitudes totalement stupides :
"D'ici, on apercevait les immenses vagues que les surfeurs essayaient de dompter avant qu'elles ne s'écrasent contre les falaises." … parce que les surfeurs explosent donc aussi contre les falaises, dans de magnifiques gerbes vermillons. Les surfeurs pratiquent rarement leur art à proximité des falaises, ou alors, ils ne le font pas longtemps.

Les gens, arrêtez donc de croire ce qu'on vous dit à la télé ou à la radio : des gens ont payé pour vous faire croire que c'est un bon roman.
On ne réfléchit pas. On se détends. Ça passe le temps. D'accord.
Mais il se fait des romans détendants mais de qualité. Alors pourquoi se contenter de ça ?

Notes

[1] et ma remarque est évidemment ironique

02 mai 2011

Levy Marc - Sept jours pour une éternité

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Sept jours pour une éternité… de Marc LEVY

Éditions Pocket (2004)

ISBN : 978-2-26613-604-4 ; 310 pages.

4e de couv :

Pour mettre un terme à leur éternelle rivalité, Dieu et Lucifer se sont lancé un ultime défi... Ils envoient en mission leurs deux meilleurs agents... Lucas et Zofia auront sept jours sur terre pour faire triompher leur camp, décidant ainsi qui du Bien ou du Mal gouvernera les hommes... En organisant ce pari absurde, Dieu et Lucifer avaient tout prévu, sauf une chose... Que l'ange et le démon se rencontreraient... Avec ce troisième roman, l'auteur de Où es-tu ? et de Et si c'était vrai... nous fait croire de nouveau à l'incroyable, et nous entraîne dans un univers plein d'humour, de tendresse et de rebondissements.

Mon avis :

Pour le défi de littérature lancé par mon ami C. le but était de lire un Levy, un Musso et un Houellebecq. Voilà donc qui est déjà « torché » pour le Levy. Temps de lecture : un gros après-midi ; comptez en moyenne une ou deux journées de plage.

Il est un peu masochiste de lire un livre qui, on le sait rien qu’à la couverture, ne va pas nous plaire. J’ai au moins le mérite à présent de savoir pourquoi je ne lirais plus jamais de roman de Marc Lévy, mais cela me permet aussi de savoir pourquoi les gens aiment Marc Levy, dont tous les livres sont des best-sellers.

Présentons l’intrigue : de la romance au milieu de la lutte acharnée du Bien contre le Mal, dans une société tourmentée…

De la romance… « Deux êtres que tout oppose vont unir leurs destins sous les auspices de l’amour. » Ce serait « le prince et la bergère » se serait pareil. On sait, dès la quatrième de couverture, ce qu’il va se passer : ils se rencontrent, ils sont amoureux et l’histoire de compétition entre le Diable et Dieu va tourner en eau de boudin. C’est cousu de fil blanc. D’accord, mais alors, je veux de la romance, de la vraie, avec dilemme cornélien, tirades raciniennes et tout le bazar. La totale !

Sauf que la sauce ne prends pas : le personnage masculin est infect et sans aucun charme, il n’y a aucune alchimie amoureuse, il n’y a pas de magie hormonale, l’amour est tout simplement plaqué sur deux individus à peine esquissés. On ne croit pas du tout à cette histoire tirée par les cheveux, ou alors on veut bien faire semblant, mais sans aucune conviction, et c’est bien parce qu’on est à la plage et qu’on ne va pas mettre du sable dans une librairie pour trouver un autre roman plus convainquant. (et puis là, on bronze…)

Attention « spoiler », voici LA scène de fesses qu’on attend dès le quatrième de couverture et qui arrive enfin page 299 de l’édition de poche : « Puis, Lucas prit Zophia dans ses bras et, dans la confidence de la nuit, il l’aima tendrement ». C’est un peu décevant, en terme de romance. On ne demande pas de faire dans le vulgaire ou l’érotisme à outrance, ce n’est pas non plus du roman à l’eau de rose (un passage torride toutes les 50 pages), mais ça me semble un peu léger. C’est certainement assez chaste et sensible pour le cœur de cible qui n’attend pas chez Lévy des envolées lyriques et sensuelles (il y a d’autres types de littérature pour cela).

…au milieu de la lutte du bien contre le mal… La bataille des anges contre les démons est très à la mode depuis deux décennies, avec un nouveau souffle donné au New Age chrétien tant par la littérature que par le cinéma. Ce n’est pas du tout original, mais c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, et puis ne s’agit-il pas d’un thème immortel, indémodable, immuable ? (voir Star Wars et Le Seigneur des Anneaux)

…dans une société tourmentée. Notre combat entre ange et démon s’engage, sans qu’on comprenne comment. Il s'agit du maintient du port de fret de San Fransisco ou de son démantèlement, pour le livrer aux très méchants promoteurs immobiliers. C’est du social manichéen, c’est touchant, c’est très à la mode aussi. Ils auraient pu déclencher des guerres, des émeutes, des catastrophes naturelles, que sais-je encore ? mais non, on va défendre les intérêts des familles des dockers. C’est mignon mais un peu mou du genou, surtout qu’on est tout de même à des années lumière d’un roman social selon Fajardie. Le combat entre le Bien et le Mal reste enfermé dans une routine médiocre, sans prendre des allures wagnériennes. Dommage.

Zophia est l’ange cliché ambulant, qui aide les sans-abri, les drogués, les vieilles dames, les handicapés, les enfants malades et sa chanson préférée est « What a wonderful world » (p 107). On infuse le personnage dans les poncifs pour en faire une femme parfaite et atteindre le degré zéro de l’originalité. Lucas est le méchant vraiment méchant, un vilain dégoûtant qui essuie ses doigts gras sur les rideaux, qui est malappris, mal poli, méprisant, suffisant, le cliché de l’arrogant plein de fric, qui sème la panique et la zizanie sur son passage. Le démon typique, sans une once d’originalité à nouveau. Je renchéris sur Monsieur Boulet, dont le super vilain s’appellerait Monsieur Pinchon, porterait des pulls roses autour du cou, aurait une coupe au bol et une moustache, et jouerait au golf. J’aimerai bien des anges un peu plus rock’n’roll aussi…

Un des éléments qui me fait penser que je ne suis vraiment pas « cœur de cible des romans de Marc Lévy » est que son ange est sexué. Le démon aussi, d’ailleurs, mais c’est plus accepté pour les démons, même s’ils sont tout de même sensés être des anges déchus… passons. Lévy fait de l’anthropomorphisme à tout crin et donne des passions trop humaines à ces créatures célestes. L’amour de l’ange devrait être égale pour tous et tout. C’est ce qui est un peu bizarre chez les anges d’ailleurs : ils vous aiment autant qu’un arbre ou un cailloux, parce que tout est création de Dieu. Le démon ne serait pas censé avoir de sexe, mais pousserait les humains à la débauche. (le démon du baiser du démon est convainquant… lui)

Le fait est que la lectrice de Lévy se fout de théologie ou d’exégèse, ce qui compte, c’est la romance. Sauf que si on réfléchit trois secondes, la romance ne peut que faire flop.

Je trouve surprenant de lire un roman français qui se passe aux États-Unis, comme si une telle histoire ne pouvait pas se passer ailleurs qu’Outre-Atlantique. En l’occurrence, il s’agit de San Fransisco (parce que Los Angeles, ç’eut été vraiment trop). Je pense déceler une influence des Chroniques de San Fransisco d’Armistead Maupin dans certains personnages, dont bien évidemment Reine, et dans l’œuvre en général. C'est assez diffus et vague, dilué dans certains chapitres. La construction du roman de Lévy est facile, réalisée autour de trois détails piochés dans les clichés urbains ou sur Wikipédia (ville étagée, tramway, Golden Gate). Le fait est que l’intrigue « sociale » qui est la seule à ancrer le roman dans une réalité, pourrait se dérouler dans n’importe quelle ville portuaire comprenant des docks. La source (au vu des remerciements) est plus que probablement marseillaise, mais je me suis plu à imaginer que la romance se déroulait à Dunkerque. Sauf que Dunkerque, ça ne fait pas vraiment rêver comme destination exotique (toutes mes excuses aux dunkerquois, mais bon, Cannes ou Paris, c’est plus Glamour).

Le pire est pourtant très rapidement atteint avec l’introduction de la CIA, pour en faire « centrale d’intelligence des anges ». L’annonce du développement du sigle est censée provoquer une déferlante émotionnelle chez le lecteur (« Aaaaah ! Ça y est ! On va nous parler des anges ! » oui, parce que les démons, c’est forcément les vilains, donc, on s’en fiche un peu). Personnellement, émotionnellement parlant, cela m’a plutôt inspiré de la pitié.

De manière globale, l’écriture est simple, voir simpliste. Pas de mot trop compliqué, pas de grammaire trop alambiquée, on peut très facilement lire en diagonale. C’est aussi le néant absolu de la description. Imaginez la ville et les héros comme vous voulez, pas le moindre détail du roman ne viendra contredire votre imagination. L’espace d’un instant, j’ai eu un frisson : Marc Lévy semble avoir une très faible considération du niveau de culture de ses lecteurs, pour préciser en note de bas de page que la « Grosse Pomme » est un surnom pour la ville de New York (il en parle deux lignes plus haut, donc c’est aussi un affront pour l’intelligence et l’esprit de déduction du lecteur). Il me fait cependant mentir quelques pages plus loin avec un « Semblable à la quadrature du cercle, l’existence de Jules se réduisait à une équation d’insolubles iniquités. » (p 91) et avec un « amblyope » (p 101) cherché dans le dictionnaire (d’ailleurs, la présence du terme n’était ni utile ni justifiée).

Je sentais venir la blague de mauvais goût, sans trop y croire. Monsieur (ou Dieu) est un aficionado des lancements de fusées. Il se plaint aussi du fait que tout le monde, dans sa boutique, a un prénom, sauf lui. Il décide donc, en lien avec sa passion, de se faire prénommé Houston. Donc, vous ne couperez pas à un navrant « Houston, nous avons un problème ». Voilà pour l’humour.

Pourquoi cela plait-il tant ? Parce qu’objectivement, ce n’est pas très bien écrit, l’intrigue est médiocre et cousue le fil blanc, les personnages sont des clichés et aucune émotion ne se dégage de l’ensemble. Pourquoi tant de succès, alors ? Disons que c’est du divertissement consommé à pas cher. C’est du pain béni pour France Loisirs : de la littérature fast food, qui fait passer le temps des ménagères de moins de 50 ans. On ne réfléchit pas du tout, c’est détendant, les neurones ne risquent pas la luxation de synapse.

Je ne dis pas que c’est condamnable, qu’il faudrait abolir ce genre de roman, et encore moins que les lectrices (et lecteurs) de Marc Lévy sont des imbéciles, une vile populace qu’il faudrait éduquer à la vénération des écrits de Kant. Non Madame ! Ce type de littérature existe parce qu’il répond à un besoin en divertissement très accessible. Il y a des gens qui ne veulent pas « se prendre la tête » pendant leurs loisirs, sans se sentir accablés de toute la misère et les malheurs du monde. On ne réfléchit pas, on n’apprends rien (sauf le mot « amblyope », il faut reconnaître, tout de même), on n’a pas non plus de sentiment esthétique, on ne rit pas beaucoup non plus (malheureusement, parce qu’au moins, dans « Une dinde à New York », on rit beaucoup), mais on se détend en passant le temps assez agréablement.

Maintenant, est-ce que ce genre de roman restera dans les mémoires de la littérature française ? Oui, mais au même titre que les romans feuilletons qui paraissaient dans les journaux de la Belle Epoque. On le citera pour l’anecdote, sans plus.

Le pense que Musso, au moins, sera émouvant. Quitte à se détendre les neurones, je préfère quand même la prose d’Anna Gavalda. Au moins, c’est (très) bien écrit et c’est riche émotionnellement.

Best-seller ne signifie pas « monument de la littérature » mais « livre le plus acheté » « qui a obtenu un grand succès de librairie ». Pour faire d’un roman un best-seller, on n’est même pas obligé de le lire.

12 avr. 2011

Suzanne Guillaume & Zariel - Le Trash Pack

Le Trash Pack de Guillaume SUZANNE

Éditions Griffe d’Encre (2010)

Illustration du Sieur Zariel

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C’est un coffret numéroté regroupant :

  • Les poubelles pleurent aussi, 2008, 80 pages, ISBN : 978-2917718018
  • Les poubelles pleurent toujours, 2010, 112 pages, ISBN : 978-2917718223
  • Le Guide de la poubelle galactique, 2010, 76 pages une centaine d’illustrations de Zariel dont 14 pages couleurs, ISBN : 978-2917718230
  • et plein de bonus :
  1. un DVD avec des vidéos et fichiers audio de l’auteur et l’illustrateur qui font les marioles
  2. un calendrier chronaute qui remonte le temps
  3. un morceau authentique de fil à couper le jus de glog
  4. un poster A3
  5. une carte de souscription

Mon avis sur le Trash Pack:

J'aime beaucoup le beau coffret, monté avec soin, numéroté par de blanches mains. Les petits bonus sont originaux, même si le calendrier avait forcément, en octobre 2010, une utilité limitée. Les éditions Griffe d'Encre font toujours un travail très soigné sur la mise en page et les imprimeurs doivent s'arracher les cheveux sur leur demande.

Pour l'ensemble, donc, ce sont de beaux objets, même si l'on peut être un tantinet désappointé par la tête du fil à couper le jus de glog, qui n'est pas comme dans le Guide.

La recette est plutôt simple, mais c'est souvent ainsi qu'elles sont les meilleurs : prenez quelques anti-héros et l'objet le plus improbable en matière de SF ou plutôt d'intérêt littéraire (en l'occurrence des poubelles), ajoutez des Aliens qui n'ont pas l'air bien méchants, mais on ne sait jamais, des références à Adams pour séduire tout ce que le monde compte de geeks, touillez bien, ajouter les graphismes de Zariel, et voici le Trash Pack.

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4e de couv de Les poubelles pleurent aussi:

La Terre, France. Le Contact tant espéré a finalement eu lieu. Les Nods ont débarqué il y a six ans, apportant avec eux la dernière génération de poubelles organiques dans un but on ne peut plus noble : aider les Terriens, qui semblent avoir tant de mal à garder leur planète propre. Semant le progrès et la pagaille dans leur sillage, voilà qu’ils ont éradiqué le tabac sans demander leur avis aux fumeurs. Les Nods se prétendent omnipotents, mais… jusqu’où  ? Et tandis que le président de la République apprend ses discours sur des fiches cartonnées et qu’Arnold Sextan se fait verbaliser pour stationnement de maison non autorisé, les montres se mettent à perdre l’heure, les GPS à perdre le Nord et les gens à perdre la tête.

Mon avis :

On m'avait beaucoup parlé des Poubelles, sur le mode du délire de copain, truffé de référence à la SF, principalement à l'inénarrable Guide galactique de Douglas Adams, bref, le must have read de la SF burlesque, que « si tu l'as pas lu, tu comprendra pas les blagues sur les forums de SF des 50 prochaines années ».

C'est plein de bonne idée, entre l'interdiction du tabac, de tout ce qui est nocif de prêt ou de loin, le tout assaisonné du paternalisme agressif des Nods. Saupoudré le tout d'un soupçon d'ironie tragique, et vous aurez un scénario qui m'a paru intelligent et intéressant. La novella est très agréable à lire, c'est plein de jeu de mot, de référence, de clin d'œil, etc. et ça ne m'a pas arraché un sourire. Drame. Ai-je hérité soudain d'un handicap de l'humour ? (sérieusement, je me pose la question). Pour de la SF burlesque, c'est assez moche. Et j'ai la faiblesse de me considérer comme bon public.

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J'ai eu l'impression que l'histoire était une de ces créations magnifiques faites autour d'une bière, lors d'une réunion d'un groupe de copains, sauf que vous, vous avez la malchance d'arriver en retard. Les autres sont déjà pliés de rire et filent la métaphore, enchaînent les références comme des perles. Vous, vous prenez timidement votre godet et essayez de comprendre ce qu'il se passe. Vous êtes simplement « pas dans le délire » (comme disait les djeuns de mon temps...).

Voilà. Je ne suis pas dans le délire. Et je le regrette.

4e de couv de Les poubelles pleurent toujours:

Si vous avez perdu toute autorité sur vos poubelles Si vous êtes prêts à signer la pétition pour la sauvegarde de l’Humanité Si vous voulez retrouver le SD Si les Hommes trouvent vaguement grâce à vos yeux Si vous aimeriez remonter le temps comme les chronautes Rendez-vous à la fin des Poubelles pleurent toujours, en commençant de préférence par le début.

Mon avis :

Cette novella est la suite logique (ou illogique ?) de la première, avec voyage spatial à la clé et découverte d'espèces extraterrestre à foison. Comme pour le premier, je ne suis « pas dans le délire », donc même si la lecture m'a plu et que la connaissance de la chose node (nodesque ?) était indispensable à ma culture, il m'est difficile de me prononcer. La novella se lit toujours très bien, mais ça ne m'a toujours pas fait rire.

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4e de couv du Guide de la poubelle galactique:

Betsy, la CoDet héroïne des Poubelles pleurent aussi & des Poubelles pleurent toujours, réalise son rêve : écrire ses mémoires de poubelle galactique et vous invite à voyager en sa compagnie aux confins de l’Univers : venez surprendre du coin de l’œil une curiosine, manquer de souffle au contact d’une dozinelle, discuter du futur avec un chronaute. Vous saurez tout des mœurs des sélectènes ou comment esquiver les marchands scaves. Faites escale sous cloche de verre sur Nodule ou sous le bonnet du continent coiffé sur CoCoon. Avec Le Guide de la poubelle galactique, l’Univers ne sera plus jamais le même, à moins qu’il ne l’ait jamais été.

Le Guide qui renferme ma vie, ton univers et les restes.

Mon avis :

Là, je regrette vraiment mon handicap de l'humour. Le Guide est un vademecum des autres novellas, en images et en couleurs, s'il vous plait, sous la plume, enfin, surtout les pinceaux et les feutres de Zariel.

A la lecture de ce petit Guide je me dis que j'aimerai bien savoir ce qu'il advient de Betsy, d'Étienne, de Célia. Je voudrai savoir ce que va bricoler le Réfleur, et si les CoCops et autres CoDets ont réussi à faire des miracles sur Terre.

J'aimerai aussi qu'on le dise, sur les dessins des CoDets de Zariel, où se situe le réceptacle à déchet ? Parce que les tentacules c'est bien joli, mais où se trouve le conteneur de produits à digérer ?

Donc, même si je n'ai pas rit, ça m'intrigue vraiment...

19 fév. 2011

Saintcrow Lilith - Le baiser du démon

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Le baiser du démon une aventure de Danny Valentine de Lilith SAINTCROW

Orbit (2010)

Traduit de l'anglais (américain) par Célia CHAZEL

ISBN : 978-2360510184 ; 360 pages

4e de couv :

Elle est nécromante. Elle a un tempérament de feu, la répartie cinglante et un corps de rêve.

Elle s'appelle Dante Valentine – Danny pour les amis. Le démon qui frappe un jour à sa porte, envoyé par Lucifer en personne, n'est pas un ami : Danny déteste les créatures des Enfers. Et pour couronner le tout, voilà que le Diable lui propose un contrat : sa vie, en échange de l'élimination d'un renégat. Une offre impossible à refuser... et impossible à honorer non plus : la dernière fois que Danny a rencontré l'invincible Santino, elle a failli mourir. Alors à moins d'un miracle, elle risque d'y passer, c'est sûr, et ce n'est pas l'aide de ce fichu démon qui pourra arranger les choses !

Lilith Saintcrow (c’est son véritable nom !) est née au Nouveau-Mexique. Écrivain du côté obscur – « writer on the dark side », comme elle aime se présenter – à plein-temps, elle vit à Vancouver avec ses enfants, ses chats et tout un assortiment d’animaux errants. Elle est l’auteur best-seller de plusieurs séries fantastiques.

Mon avis :

Si vous m'aviez dit qu'un jour je lirai de la bit-litt mais qu'en plus j'aimerai ça, je vous aurai rit au nez. Et pourtant...

Généralement, dans le rayon science-fiction / fantastique, je passe très rapidement à côté de la bit-litt, en me moquant un peu des couvertures criardes et des pourfendeurs de vampires / démons / zombies / engeance du mal absolu... La réputation de ce genre de littérature est que généralement, ça ne vole pas très haut, il y a des jolies filles court vêtues et de la baston à foison. Comme il s'agit tout de même de littérature pour jeunes filles modernes, il faut aussi de la romance et des héroïnes qui ne s'en laissent pas compter.

Une amie m'a pourtant dit : tiens, c'est pas mal du tout, en fait. Et je l'ai écouté. Je ne regrette rien. Absolument rien. J'ai passé un bon moment et j'ai même eu du mal à lâcher le livre.

L'héroïne de bit-litt type, c'est Buffy, la tueuse de vampire. Vous me permettrez donc une comparaison entre nos deux héroïnes.

Toutes deux ont des amis, beaucoup d'amis, même si elles sont les seules à tenir le haut de l'affiche. Dante / Danny ne serait pas grand chose sans ses ami(e)s. Elle en a beaucoup, ils sont puissants, et forment même un background qui donne une dimension très affective à l'ensemble de l'intrigue. La relation Danny / Doreen reste très ambiguë (ou en fait, non, pas vraiment, et c'est tant mieux. Il est simplement dommage qu'il ne soit pas écrit noir sur blanc qu'elles ont été amantes). L'héroïne de bit-litt se déplace donc en bande, de préférence avec un démon ou un vampire domestique, parce que c'est tellement plus rigolo de côtoyer le mal (le Mâle ?) au quotidien. (La figure masculine est souvent démoniaque, de près ou de loin... il doit y avoir une explication psychanalytique très intéressante là-dessous, à mettre en miroir avec la représentation des femmes dans la littérature fantastique ciblant les hommes).

Danny Valentine, comme Buffy, sait se battre et elle ne rechigne pas a en découdre. Buffy fait du karaté / kung fu, Danny se bat avec un katana. Nous sommes dans une mouvance d'intérêt pour l'Extrême-Orient, avec son art de vivre, mais surtout son art du combat, ou plus exactement d'éclater la tête de l'adversaire. C'est très à la mode, et cela reste très visuel. Je crains cependant que l'auteur n'ait jamais mis les pieds dans un dojo, parce que n'importe qui se ramènerait en bottes sur un tatami se ferait pulvériser l'arrière train, qu'on se le dise.

La jeune et belle héroïne combattante est tout de même une figure du féminisme du XXIe siècle. Une chose est certaine, elle n'a pas besoin d'un représentant de la gente masculine pour se défendre toute seule. Elle a aussi la capacité de choisir ce qu'est sa vie, ses amours, son bonhomme. Elle est totalement indépendante, mais semble tout de même un peu froide, méfiante, avec ce qui ressemble à un homme, démons ou pas. (certaines scènes sont tout de même pleines de pathos...)

L'univers est baigné par un ésotérisme chrétien version New Age, avec un soupçon de démonologie, une pincée d'Égypte Ancienne (pour le dieu Anubis invoqué par Danny). Il faut dire que c'est bien fait, on reprend des petits morceaux épars de textes « sacrés » et on essaye d'en faire quelque chose d'intelligent qui se tient. J'ai particulièrement apprécié le fait que les « démons » ne se contentent pas de magie et sombrent dans une image réactionnaire de vieux érudits poussiéreux lorsqu'ils ne se mettent pas à ravager la Terre. Les démons se recyclent dans la génétique. C'est à mes yeux une très bonne idée (mais je suis novice en bit-litt) et bien plus original que Buffy.

Danny est une nécromante, ce qui signifie qu'elle peut parler aux morts. C'est même la meilleure nécromante du monde ever, parce qu'elle arrive à tailler le bout de gras avec des cendres. Dans d'autres univers fantastiques, « être nécromante » voudrait dire qu'elle fait se relever les morts ; ici, il ne s'agit que de parler avec eux. C'est plus propre, cela sens moins mauvais, et ça ne risque pas de laisser des bouts sur le tapis du salon. Un tel don est aussi très utile dans les enquêtes criminelles. Danny est une héroïne accomplie (elle est la meilleure), et non une petite presque-héroïne. Je trouve ça un peu dommage, parce qu'elle manque d'humanité (surtout avec le démon Japhrimel, quoiqu'on en pense). Comme nécromante, elle a un tatouage mouvant sur la joue, autour de son émeraude incrusté. Tout ça est vraiment très graphique. Il y a clairement de quoi faire une très bonne adaptation au cinéma...

Tout ça nous donne une urban fantasy assez sympathique, qui se rapproche assez de l'univers de ShadowRun, par exemple. J'ai apprit en fouinant sur le Net que Saint-City était située en Amérique du Sud, tout comme Nuevo Rio. Autant pour le second, la chose était évident, autant la première ville pourrait se situer n'importe où sur la surface du globe, au moins dans ce premier volet des aventures de Danny Valentine.

L'univers est moyennement construit, mais suffisamment de pistes nous sont laissées pour reconstruire l'essentiel de l'histoire : un éveil à la magie, des guerres et des révolutions, une toile de fond tracée à grands traits qui explique le comment du pourquoi de certaines parties de l'intrigue. Il y a cependant moins de gros flingues et de cybernétique que dans un bon cyberpunk des famille (je vous rassure, il y a autant de vocabulaire...), mais plus de magie et de romance. Il y a aussi des mafias, comme dans toute urban fantasy qui se respecte, et évidemment, notre noble et gentille héroïne déteste les mafias.

L'utilisation de la magie passe par celle des flux de pouvoir. Tout ça est extrêmement vague. Est-ce la Force / le Chi / le Tao comme chez les Jedis ? Est-ce la foi qui offre une puissance ? Quel pouvoir et dans quel but ? Parce que si la magie existe, on doit pouvoir trouver une piste au sens de l'univers, non ? Et les dieux ? Et les démons ? Ceux-ci ne sont absolument pas ceux des mythologies chrétiennes, bien qu'on puisse faire des recoupement évident. Cette utilisation d'un nouveau genre de créatures mythiques est intéressante. Mais où apprend-t-on la magie ? A l'école des sorciers ! - soupir – et oui, on nous ressors encore ce truc, au lieu de passer par un maître, un guide, une initiation, une quête spirituelle. Non, non, on va encore mettre ça dans un moule bien conventionnel (quoique version un peu plus punchy pour Danny). Imaginez une institutrice avec un chapeau à étoile : « Aujourd'hui, les enfants, nous allons apprendre à invoquer les démons du septième cercle en toute sécurité. » et imaginez le chœur de chérubins qui réponds « oui maîtresse ! ». Là, je hurle de rire.

C'est de la littérature efficace de distraction, qu'il faut apprécier comme telle : elle n'a pas d'autres prétentions que de distraire et de faire passer à ses lectrices un agréable moment. Je n'ai pas apprit de nouveaux mots, ni quoique ce soit de nouveau, d'ailleurs. Mais c'est on ne peut plus efficace : le scénario est extrêmement bien ficelé, au micro-poil même, on ne s'ennuie pas une seule seconde, j'ai même eut hâte de lire la suite (mais c'était aussi le cas pour Un monde sans fin de Ken Follett : efficace, mais ça se pose là).

Et il ne faut pas oublier la romance...

Ah oui ! Parce qu'il y a de la romance (le coeur de cible du genre est la jeune fille entre 16 et 25 ans, il FAUT de la romance). De préférence il faut qu'elle soit un peu exotique (diables, démons, vampires, anges, tout ça, c'est bien. L'humain, c'est très surfait, même si c'est un vrai héros testostéronné). J'ai commencé à m'en douter page 50, j'ai attentivement suivi la construction de l'histoire « d'amour » (un peu faiblarde, par moment) en me demandant « bon, quand est-ce que ça b3ise ? » (mon ami A. pourra en témoigner, j'ai vraiment posé la question) et ça n'a pas raté. C'est très romantique et assez fin, il n'y a absolument aucune vulgarité, c'est parfait pour les jeunes filles. Le plus fort est que cela a vraiment du sens et apporte un élément capital du scénario. Mais qu'elle est forte, cette Lilith Saintcrow !

Pour un moment de détente neuronale au pays de la chasse au démon, ce roman est très bien fait, très reposant et tient ses promesses.