Le blog de Gabriel

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Mot-clé - Zombies

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13 nov. 2012

COULOMBE Maxime - Petite philosophie du zombie

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Petite philosophie du zombiepar Maxime COULOMBE
Éditions PUF, coll. La nature Humaine, 2012
ISBN : 978-2-13-058940-2 ; 152 pages

4e de couv :

Les zombies sont partout, au cinéma, à la télévision, dans nos rues, chez notre libraire. Grotesques et terrifiants, ils pourraient n’être qu’une tendance kitsch, un divertissement à la mode. Derrière sa démarche traînante et ridicule se cache pourtant une figure symptomatique de notre époque. Peur de l’épidémie ou fantasme de la catastrophe, aliénation moderne ou fascination pour la violence : le zombie et le monde apocalyptique qu’il crée nous parlent d’abord, intimement, de nous-mêmes.
Par l’obscène exhibition de la mort, l’ultime tabou de la société occidentale, il brise les limites de la condition humaine : celles de la conscience, de la vie, de la civilisation. Mais surtout, il trahit un fantasme émergeant dans notre culture, celui d’en finir.

Sociologue et professeur d’histoire de l’art contemporain à l’université Laval, Maxime Coulombe travaille sur les nouveaux imaginaires contemporains. Il a entre autres publié : Imaginer le posthumain : sociologie de l’art et archéologie d’un vertige (Presses de l’université Laval, 2009) et Le monde sans fin des jeux vidéo (Puf, 2010).

Mon avis :

Pour ceux qui ne voient dans les zombies que du cinéma populaire, visqueux, gluant et repeint à l'hémoglobine, voici de quoi les détromper : le zombie est aussi un sujet philosophique.

La partie sur l'histoire du zombie est très intéressante, permettant de comprendre les différentes utilisations qui ont été faite de cette figure magique.

Cet ouvrage n'apporte rien qu'un amateur éclairé n'ai pu déduire par lui même des différents univers de zombies, par les jeux vidéos ou par le cinéma, essentiellement, il a cependant l'immense avantage de le mettre un discours disons intuitif avec des éléments psychologique à travers Freud, philosophique avec Kant, et sociologique. Maxime Coulombe mets en ordre les émotions et les intuitions, tout en leur mettant en lumière leur profondeur.

J'ai particulièrement apprécié les analyses de la rupture que le zombie opère avec notre société hygiéniste, notre rapport à la chair constamment sous contrôle. Le zombie est aussi un fantasme de fin du monde, d'abandon soudain de l'humanité, de disparition, de retour à un état de nature.

Nous ne vivons pas dans une civilisation joyeuse et optimiste.

On appréciera aussi la construction très soignée du livre, la présentation simple, mais jamais simpliste, et accessible des différentes analyses.

La lecture de cet ouvrage reste totalement et parfaitement indispensable pour tous les amateurs de zombies.

15 janv. 2012

Zombieland

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Bienvenue à Zombieland réalisé par Ruben Fleischer, 2009

Avec Woody Harrelson, Jesse Eisenberg, Emma Stone et Abigail Breslin

Pour tout savoir sur le film, la fiche de Wikipédia est bien faite : http://fr.wikipedia.org/wiki/Zombiland Attention : le résumé résume vraiment tout, y compris le combat final.

Mon avis :

Evidemment, c’est un film de pur divertissement dans lequel il n’y a aucune, ou si peu, de recherche de réalisme : Wichita est toujours impeccablement maquillée, personne n’est jamais sale, toutes les installations sont toujours en place et en fonctionnement[1], comme si on s’était contenté de remplacer les humains par des zombies.

Le seul petit élément réaliste qui m’a beaucoup plus était la cause de la zombification : la contamination alimentaire, l’intoxication.
Ce que je trouve très intéressant, à travers les histoires de zombies modernes, est qu’elles remettent l’humain à sa place : il ne peu rien contre la puissance de la nature (la contamination est souvent comparée à la Peste, il y a toujours une peur de la maladie telle que le H5N1 qui est mise en scène) ou à force de jouer avec la nature, celle-ci se retourne contre les hommes (virus de la fureur dans 28 jours et 28 semaines plus tard).
La particularité des films précités est que les zombies ne sont pas des morts-vivants, mais des contaminés. Et ils courent. Le zombie mort-vivant, qui marche voir boitille, est l’outil de critique sociale de Romero. Ici, on se contente de décaniller.

On peut réfléchir un peu sur l’humain, en regardant ce film : les surnoms qu’ils se donnent pour éviter tout attachement, l’attachement qui naît malgré tout, la découverte de l’autre et de ce dont il est capable (le meilleur et le pire). Mais il s’agit surtout d’un teenage-movie, où il est question de séduire une fille – Wichita – et de survivre.
Je n’ai pas vraiment apprécié la scène où, parce qu’il n’y a plus de loi, de force de l’ordre, de prison et de juge, les protagonistes se croient obligés de tout saccager dans un magasin de souvenir indien. Attitude que l’on retrouve souvent dans les films américains, avec la destruction de tous les symboles de culture (dans Transformers –je sais plus combien- tout y passe : bibliothèque, école, musée, et même les pyramides).

L’ensemble reste tout de même bon enfant et fort sympathique, même si certaines réaction sont absurde : la mort de Bill Murray, la quête de Tallahassee du dernier Twinky du monde, le fait de mettre une fête foraine toute en lumière et en musique alors que le monde est peuplé de zombies qui vont évidemment être attirés par le son et lumière.

En plus de passer un moment sympathique, j’ai ai aussi retenu les « règles de survie » :
1.Cardio : le zombie court, il s’agit d’être plus résistant que lui.
2.La double dose : si tu n’es pas sûr, tape encore.
3.Se méfier des salles de bains / toilettes : on y est vulnérable.
4.Attacher sa ceinture.
5.Vérifier le siège arrière.
6.Voyager léger.
7.Ne pas jouer les héros / Jouer au héros.
8.Etre efficace (c’est aussi un précepte de Musashi)
Les numéros ne correspondent pas forcément à l’ordre des règles dans le film…
J’ai trouvé l’idée intéressante et la mise en image ludique et amusante. C’est sans doute l’effet le plus réussit du film.

En bref, c’est un film de zombies amusant, pour un pur moment de détente neuronale.

Notes

[1] contrairement à 28 jours ou 28 semaines plus tard qui lui pousse jusqu’au bout le réalisme de la décadence civilisationnelle et humaine

15 oct. 2011

Dante Joe - Vote ou crève (Homecoming)

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Vote ou crève (Homecoming) réalisé par Joe DANTE

Un long court-métrage avec des zombies, avec Jon Tenney et Robert Picardo

58 minutes, 2005, sortie en DVD en 2006, produit par Universal Picture Video, collection « Masters of horror »

le pitch :

A l'approche des élections présidentielles américaines, des soldats morts en Irak reviennent à la vie...

Mon avis :

(Note, le pitch du quatrième de DVD est pourri et contraire à ce que raconte réellement cette histoire)

Maintenant, je demande une « ola » générale pour Vote ou crève (Homecoming).

Clairement, le film en lui même pique un peu les yeux. C'est de la bonne série B[1] des familles : si le budget effet spéciaux n'a pas dû être trop vilain (quoique), le scénario n'est pas très soigné pour une adaptation de nouvelle, la musique est cheap, même si les acteurs sont bons dans leurs rôles caricaturaux (est-ce du premier ou du second degrés ? Je me pose encore la question...)

Pourquoi donc faut-il voir ce film ? Parce que je vous l'assure, il FAUT voir ce film. Et c'est une personne qui fait des cauchemars pendant trois semaines après le moindre film de zombies qui vous le dit.

Ce film a un contenu extraordinaire, prenant le contre-pied de l'usage traditionnel du zombie[2] tout en lui redonnant un sens politique évident, sans pour autant en faire « les masses prolétariennes de consommateurs abruties de télévision et de pop corn ». C'est à la fois beaucoup plus capilo-tracté que chez Romero (le sens est clairement affiché) et plus subtil (le zombie est un citoyen conscient de ses droits et devoirs).
Dans ce film, les soldats américains morts en Irak reviennent sous forme de zombies, non pas pour « maaaaaaaaangeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeerrrr ceeeeeeeeeeeeeeervooooooo ! » mais pour voter ! Parce que nous sommes évidemment en plein campagne de (ré)élection présidentielle américaine.
Les zombies sont moches mais inoffensifs, en ce sens qu'ils n'attaquent pas les vivants : ils re-meurent simplement après avoir mis leur bulletin dans l'urne. Le bon peuple zombie veut faire entendre sa voix, alors que généralement, les zombies sont les méchants moutons soumis, incapables de réflexion.
Il faut y voir évidemment une critique de l'administration et des élections de Georges W. Bush Jr., jamais nommé, mais omniprésent (dès la plaque minéralogique de la première scène), ainsi que du conflit en Irak. La critique est directe, ouverte et assez percutante.

Bref, le contenu n'est pas délivré de façon très subtile, mais ça fonctionne et j'ai apprécié cette mise en scène d'une critique politique, tant sur le fond que sur la forme.

Vote ou crève (Homecoming) aurait fait 30 minutes de plus, il serait passé dans la cours des longs métrages. Cette demi-heure aurait pu être composée d'une attaque monstrueuse de zombies, combattant pour leurs droits, dévorant les vivants, laissant toute la place possible à une surenchère dans le gore et l'atroce. Joe Dante s'est abstenu et c'est tant mieux : on garde de ce film la substantifique moelle et un grand enthousiasme. Il n'y a ici aucune scène qui se roule dans une complaisance de l'indicible et de l'insoutenable. Non, madame !

Regardez ce film, crénom !

Notes

[1] Ce qui n'est pas forcément péjoratif. Voir ce qu'on en dit sur Wikipédia

[2] généralement, l'enfer est plein (fantastique religieux) ou une vilaine épidémie « change » les gens (catastrophisme apocalyptique)

05 sept. 2011

Les livres que je n'ai pas encore fini

J'ai essayé de lire deux livres pendant mes vacances.

Le premier était un ouvrage de philosophie, intitulé Mon zombie et moi, la philosophie comme fiction de Pierre CASSOU-NOGUES. Le livre, très alléchant, m'est pourtant tombé des mains à cause d'une prémices de la réflexion selon laquelle on peut séparer l'âme / l'esprit du corps, ce qui me parait absurde, tant philosophiquement que scientifiquement. Et tant pis pour Descartes. Voir Chauvier Stéphane - Qu'est-ce qu'une personne ?. Je pense que je reprendrai cet ouvrage, mais pas tout de suite, éventuellement en sautant la fin du chapitre sur lequel je cale, parce que quand je feuillette l'ouvrage, j'ai toujours cette furieuse envie de le lire. Chaque livre a son moment, celui-ci doit sans doute murir un peu (à moins que ce ne soit moi ? :) )

Le second ouvrage que j'ai tenté de lire est Lohar de Loïc Henry, aux très excellentes éditions Griffe d'Encre. Dans ma grande faiblesse, je n'ai pas encore pu aller plus loin que le chapitre 1. J'ai eu du mal avec :

La Lune de Loar, célèbre dans les les royaumes pour sa clarté et ses dimensions, se jouait de l'onde, reflet d'or dans l'eau vive.

Au bout du premier chapitre, je peux dire "Ça ressemble un peu à Dune" et "ça ressemble un peu à Star Wars", ce qui est parfait : ce roman relève du genre du Space Opera. Là encore, je pense que le temps n'est pas encore venu pour moi de lire ce livre. J'y reviendrais, plus tard, bientôt. Parce que, malgré tout, j'ai un bon pressentiment avec ce livre.

Actuellement, je suis dans la lecture de La possibilité d'une île, de Michel Houellebecq, et il faut bien avouer que ce n'est pas mal du tout (à mon grand désespoir, peut-être) si on arrive à s'extirper du "je" = narrateur (ce qui est absurde), et des petites horreurs polémistes à dessein. Et ne le dites pas à son éditeur (il risquerait d'y avoir une chute des ventes), mais ce livre, c'est de la science-fiction. Absolument et totalement. Cette lecture est faite dans le cadre du défi de littérature, pour lequel j'ai déjà lu un roman de Marc Lévy et un autre de Guillaume Musso. Cette lecture est cependant bien moins douloureuse que les bluettes précédentes.