
Petite philosophie du zombiepar Maxime COULOMBE
Éditions PUF, coll. La nature Humaine, 2012
ISBN : 978-2-13-058940-2 ; 152 pages
4e de couv :
Les zombies sont partout, au cinéma, à la télévision, dans nos rues, chez notre libraire. Grotesques et terrifiants, ils pourraient n’être qu’une tendance kitsch, un divertissement à la mode. Derrière sa démarche traînante et ridicule se cache pourtant une figure symptomatique de notre époque. Peur de l’épidémie ou fantasme de la catastrophe, aliénation moderne ou fascination pour la violence : le zombie et le monde apocalyptique qu’il crée nous parlent d’abord, intimement, de nous-mêmes.
Par l’obscène exhibition de la mort, l’ultime tabou de la société occidentale, il brise les limites de la condition humaine : celles de la conscience, de la vie, de la civilisation. Mais surtout, il trahit un fantasme émergeant dans notre culture, celui d’en finir.
Sociologue et professeur d’histoire de l’art contemporain à l’université Laval, Maxime Coulombe travaille sur les nouveaux imaginaires contemporains. Il a entre autres publié : Imaginer le posthumain : sociologie de l’art et archéologie d’un vertige (Presses de l’université Laval, 2009) et Le monde sans fin des jeux vidéo (Puf, 2010).
Mon avis :
Pour ceux qui ne voient dans les zombies que du cinéma populaire, visqueux, gluant et repeint à l'hémoglobine, voici de quoi les détromper : le zombie est aussi un sujet philosophique.
La partie sur l'histoire du zombie est très intéressante, permettant de comprendre les différentes utilisations qui ont été faite de cette figure magique.
Cet ouvrage n'apporte rien qu'un amateur éclairé n'ai pu déduire par lui même des différents univers de zombies, par les jeux vidéos ou par le cinéma, essentiellement, il a cependant l'immense avantage de le mettre un discours disons intuitif avec des éléments psychologique à travers Freud, philosophique avec Kant, et sociologique. Maxime Coulombe mets en ordre les émotions et les intuitions, tout en leur mettant en lumière leur profondeur.
J'ai particulièrement apprécié les analyses de la rupture que le zombie opère avec notre société hygiéniste, notre rapport à la chair constamment sous contrôle. Le zombie est aussi un fantasme de fin du monde, d'abandon soudain de l'humanité, de disparition, de retour à un état de nature.
Nous ne vivons pas dans une civilisation joyeuse et optimiste.
On appréciera aussi la construction très soignée du livre, la présentation simple, mais jamais simpliste, et accessible des différentes analyses.
La lecture de cet ouvrage reste totalement et parfaitement indispensable pour tous les amateurs de zombies.


